Le réseau Femmes business angels Bretagne, BDO, Arkea Capital, BPI et la Région Bretagne. Ces différents acteurs ont apporté des réponses aux porteurs de projets, dirigeants de start-up et chefs d’entreprises venus s’informer sur les différentes manières de financer l’innovation lors de l’événement Tomorrow le 10 mars 2026 à Vannes. Tour d’horizon.
- Femmes business angels Bretagne
Le jeune réseau Femmes business angels Bretagne soutient les entreprises dès leur phase d’amorçage, « lorsque la start-up commence à générer des revenus », indique Nadine Coulm, représentante du réseau. Lorsqu’il s’agit de projets industriels ou qui relèvent de la deeptech, il peut intervenir dès que la preuve de concept a été établie.
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Une fois sollicité, le réseau se penche sur l’activité de l’entreprise pour voir si elle l’intéresse, si « la proposition de valeur est claire et différenciante », indique-t-elle. Pour cela, les dirigeants doivent préparer un bon pitch. L’équipe au sein de l’entreprise et la complémentarité de ses membres ont également de l’importance. « On évalue leur capacité d’écoute », précise Nadine Coulm.
L’enveloppe des fonds levés se situe entre 200 000 euros et deux millions d’euros. En général, ces sommes sont destinées à accélérer le développement de la start-up par le recrutement de commerciaux, la constitution d’une équipe marketing digital ou encore par l’amélioration de l’outil industriel. Femmes business angels Bretagne co-investit régulièrement avec d’autres acteurs : fonds, busines angels etc.
Mais Nadine Coulm le rappelle, le réseau n’apporte pas que des fonds, mais aussi des contacts. « Nous pouvons aussi jouer un rôle dans la gouvernance de la start-up. Nous voyons aussi si les fondateurs sont ouverts à l’idée que nous siégions au sein d’un comité stratégique. »
Son conseil ? « approcher les business angels au bon moment dès le début de la traction commerciale et cibler les fonds qui correspondent à son activité. Il faut également préparer un bon pitch, des documents et donner de la visibilité sur les options de sortie. »
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- BDO
Des entreprises peuvent prétendre au crédit d’impôt recherche ou au crédit d’impôt innovation. C’est ce qu’a rappelé Justine Thomazeau de BDO. Le premier est un dispositif fiscal déclaratif qui permet aux start-up comme aux grands groupes de bénéficier de 30 % de crédit d’impôt par rapport aux dépenses de recherche. Pour cela, « l’entreprise doit mener des travaux expérimentaux et apporter une connaissance de l’état de l’art », précise-t-elle. Pour se voir octroyer un crédit d’impôt innovation, dédié aux PME et TPE, l’entreprise doit « se différencier des concurrents par une performance supérieure. Cela peut être sur le plan technique ou de l’éco-conception par exemple. » 20 % des postes de dépenses sont alors éligibles à ce crédit. Ces crédits peuvent agir comme un effet levier pour d’autres financements.
Son conseil ? « Il faut constituer des preuves au fur et à mesure du développement de l’entreprise pour établir un dossier solide pour chaque année de déclarations. Il ne faut pas hésiter à faire appel à un acteur du développement pour être accompagné. »
- Arkea Capital
Arkea Capital finance le changement d’échelle d’une entreprise. C’est le cas lorsqu’une entreprise « qui réalise 500 000 euros ou un million d’euros de chiffre d’affaires veut aller chercher 10 à 20 millions d’euros, cite à tire d’exemple Thomas Bonjour d’Arkea Capital. Nous l’aidons à structurer et industrialiser ses process ou encore à recruter des profils expérimentés ». Arkea Capital est sensible aux projets verts, dont l’activité est vertueuse sur le plan écologique. Dans ce cas, les entreprises peuvent bénéficier d’une bonification de leur accompagnement.
Son conseil ? « Recruter des personnes qui ont des compétences clés dans votre domaine. Cela permet d’éviter des erreurs, des tâtonnements. »

Des représentants du réseau Femmes business Angels Bretagne, BDO, Arkea Capital, BPI et de la Région Bretagne ont pris tour à tour la parole ce mardi 10 mars 2026 à Vannes. ©7Jours/Boltz
- BPI
BPI veut accompagner les entrepreneurs de l’idée à l’atteinte de leur marché. Outre sa gamme de prêts sur la trésorerie, la banque soutient l’innovation. Comment déterminer si une activité est innovante ? « Quand le process est innovant, on se penche sur le dossier et on le compare aux offres concurrentes, fait savoir Pierre Fulbert de BPI. « Il y a de moins en moins de subventions pour les innovations, fait-il remarquer. Elles sont davantage destinées aux projets les plus risqués techniquement. »
Son conseil : « soyez convaincants, inspirés et inspirants. Il faut que vous soyez habités par votre projet. Une innovation est une idée qui trouve son marché. »
- La Région Bretagne
La Région Bretagne propose des dispositifs qui financent les phases d’amorçage, de développement et d’expérimentation. Parmi les projets retenant son attention, ceux qui permettent la souveraineté et sont axés sur la transition écologique. « On peut bénéficier d’un bonus ou d’un taux de financement plus important quand ce sujet est au cœur de l’activité », fait valoir Anne Prigent de la Région Bretagne.
Son conseil ? « Structurer vos fonds propres en gardant à l’esprit une règle : pour un euro de fonds, un euro de fonds publics. Laissez de côté les a-priori : nous n’aidons pas que les grandes entreprises. »