À Ploudaniel, commune du Finistère, le siège du groupe Even n’a pas bougé depuis 1930. Le monde autour, si. En 2025, la production laitière mondiale a grimpé sous l’impulsion des États-Unis et de plusieurs bassins européens, tirant les cours des poudres vers le bas. En Europe, les géants Friesland Campina et Arla Foods préparent des fusions pour gagner en masse critique. En France, la collecte a fléchi, plombée par la fièvre catarrhale ovine. Et au bout de la chaîne, le consommateur arbitre : le panier moyen en restauration recule, le snacking grignote du terrain.
C’est dans ce décor que Christian Griner, directeur général d’Even depuis 2020, présente un bilan qu’il qualifie de « tournant ». Le quatrième transformateur laitier français, numéro un en Bretagne, affiche 6 410 collaborateurs et un prix du lait livré à 503,5 euros les mille litres, soit une hausse de 4 %. Une solidité, que le dirigeant revendique comme un choix.
Le prix du lait, nerf de la guerre coopérative
Avant redistribution, Even a payé ses éleveurs 486 euros les mille litres. Une enveloppe de 9 millions d’euros de retour de résultat, soumise à l’assemblée générale, complète l’addition. Ce mécanisme est le cœur du réacteur coopératif : il permet à Even de rester dans la course face aux grands privés sans sacrifier la rémunération des adhérents sur l’autel de la rentabilité actionnariale.
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