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Clap de fin pour SADAL Engineering à Guer

Faute de commandes de l’État, la société spécialisée dans les « systèmes complexes » militaires et civils, met la clé sous la porte. Le tribunal de commerce de Vannes a officiellement prononcé sa liquidation le 7 janvier dernier.

7 personnes était dédiées à l'ingénierie duale (civile et militaire)

7 personnes était dédiées à l'ingénierie duale (civile et militaire) 7J/Bentaleb

Équipe de sept personnes, nouveaux locaux, des investissements en matériel conséquents… Très récemment installée sur un nouveau site spacieux à Guer (Morbihan), SADAL Engineering était parée pour s’attaquer à des « problèmes exotiques » majeurs. C’est-à-dire des systèmes complexes, militaires et civils, qui nécessitent la mise en œuvre simultanée de différentes sciences et techniques comme l’informatique, la mécanique, l’électronique, la robotique… Malheureusement, les commandes de l’État n’ont pas suivi. Devant cette situation redoutée depuis quelque mois, son fondateur, Vincent Denis, a été contraint de cesser son activité.

A LIRE DANS 7 JOURS : Dans le Morbihan, Sadal Engineering conçoit l’industrie 4.0

Cet acteur de l’écosystème breton de la BITD est-il l’une des victimes d’un réarmement décidé en haut lieu mais qui n’est pas suivi d’effets sur le terrain ? La question est lancinante depuis de nombreux mois chez les industriels qui « attendent les commandes ». La plupart des chefs d’entreprise travaillant à la fois pour le civil et le militaire se sont pourtant mis en ordre de bataille mais leur outil industriel (petit ou grand) n’est pas sollicité.

Avec la disparition de Sadal engineering, c’est une pépite du territoire qui disparaît. Rappelons simplement que Vincent Denis, le fondateur, a travaillé sur tous les systèmes d’armes les plus en pointe de l’armée française comme le missile nucléaire M51, les Scalp, les véhicules blindés le char Leclerc, le canon Caesar, etc. Il comptait donc parmi ses clients des grands noms comme Safran, KNDS, Airbus helicopters, la Direction Générale à l’Armement (DGA)… Sa spécialité : concevoir des équipements dont le fonctionnement optimal nécessite des technologies qui ne sont que difficilement interopérables. « En fait, notre rôle est de trouver une solution quand notre client nous dit « ce serait bien si… », résumait Vincent Denis en octobre dernier.