À Perros-Guirec, la reprise totale du capital du Roz Marine vient avaliser un scénario écrit dès le début de l’aventure. Lorsque le projet est lancé, Julien Majou, à l’initiative du dossier, s’associe à Philippe Labouret et à Christian Roulleau pour faire renaître une activité de thalassothérapie disparue depuis la fermeture, en 2017, de l’ancien établissement de soins ouvert en 1973. Cette première thalasso ne disposait pas d’hôtel. Le nouveau projet a, lui, été pensé d’emblée comme un resort. L’ancienne thalasso a ainsi été rasée, à l’exception du dispositif de pompage d’eau de mer et, en 2021, la première pierre du nouvel ensemble est posée. En mars 2023, le Roz Marine Hôtel Thalasso & Spa, serti de ses quatre étoiles, a enfin accueilli ses premiers clients.
Dès l’origine, le montage prévoyait que Christian Roulleau, alors détenteur d’un tiers du capital, rachèterait les parts de ses associés si l’établissement atteignait ses objectifs au bout de trois ans. L’opération a été officialisée le 12 décembre 2025. Roz Marine a depuis rejoint Forstyle Hotels Collection, qui réunit notamment les thalassos de Dinard (35) et de Pornic (44), ainsi que différents actifs hôteliers à Paris et dans le Grand Ouest.
Un outil déjà rentable
Ce nouveau fleuron hôtelier a rapidement trouvé son marché. Le Roz Marine revendique aujourd’hui 91 chambres, dont 14 suites juniors et 5 suites prestige, ce qui en fait l’un des plus gros porteurs des Côtes-d’Armor. À cela s’ajoutent une trentaine de cabines de soins, quatre salles de séminaire et deux tables, L’Haliotis et La Suite, pilotées par le chef exécutif Jean-François Coudert. Certains chiffres ont de quoi retenir l’attention. En 2025, le chiffre d’affaires du site a approché les 12 millions d’euros, avec un taux d’occupation moyen d’environ 73 % à l’année. Le revenu moyen par chambre disponible (RevPAR), un indicateur clef dans l’hôtellerie, n’a en revanche pas été communiqué. Les effectifs évoluent, quant à eux, entre 100 et 120 salariés selon la saison. Nathalie Martin, directrice générale du Roz Marine, précise que l’établissement fonctionne majoritairement avec des CDI, complétés par des extras et des contrats saisonniers.
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La masse salariale constitue le premier poste de charge, auxquels s’ajoutent des coûts élevés d’énergie, de linge et de maintenance. Le site ne repose pas uniquement sur la clientèle loisirs. Il capte aussi des séminaires, des comités de direction, des stages sportifs et quelques tournages, en plus de sa clientèle individuelle. Le club de football de Laval et le RC Vannes y ont notamment séjourné. Ce mix de clientèles permet de limiter la saisonnalité et de mieux remplir l’établissement.
Investir pour ne pas vieillir
Même neuf, un tel outil exige des investissements constants. En thalasso, les bassins, les réseaux techniques, les espaces humides et les chambres vieillissent vite. Le Roz Marine s’arrête ainsi une dizaine de jours en janvier pour la vidange des bassins et la maintenance. Une terrasse a été créée l’an dernier dans le prolongement du restaurant du rez-de-chaussée. Cette année, la direction a aussi renforcé l’espace soins avec un lit de flottaison et un appareil de myolithothérapie par LED. « Nous avons un bijou entre les mains, il est tout neuf, donc je veux vraiment que ça le reste le plus longtemps possible », conclut Nathalie Martin.
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