Depuis 2019, les entreprises publient l’Index de l’égalité professionnelle, dit Index Pénicaud. Qu’est-ce que la directive européenne sur la transparence des salaires apporte de plus ?
Maryne Bruneau. L’Index repose largement sur du déclaratif. Certaines entreprises l’utilisent comme marqueur d’affichage – du « femwashing » – plutôt que comme levier d’égalité réelle. La directive européenne change la logique : elle impose aux entreprises de prouver qu’elles respectent les règles. Ce n’est pas parfait, mais c’est un changement de paradigme.
Le tabou de l’argent et le secret salarial peuvent profiter à l’employeur. La transparence va-t-elle réellement rééquilibrer le rapport de force ?
M.B : Elle va y contribuer. Dans un contrat de travail, trois composantes sont essentielles : la mission, la relation hiérarchique et la rémunération. Aujourd’hui, seules les deux premières sont explicites. La transparence redistribue une partie du pouvoir de négociation au salarié, et les organisations qui ont déjà joué le jeu constatent un cercle vertueux : une meilleure marque employeur, une meilleure attractivité ainsi…