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Lobbying : « L’échelon local est celui où l’influence prend corps de manière concrète »

Alors que les élections municipales de 2026 se profilent, le rôle de l’influence territoriale est plus que jamais d’actualité. David Ouvrard, directeur régional du cabinet Stan, et Geoffrey Pouget, fondateur d’Amarres Conseil, livrent leur regard croisé sur les évolutions du lobbying local et la manière de structurer un dialogue efficace entre collectivités et entreprises. Ils plaident notamment pour une connaissance fine des écosystèmes locaux.

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Comment définissez-vous la notion de lobbying ?

Geoffrey Pouget. Le terme recouvre aujourd’hui une grande variété de pratiques, souvent mal identifiées comme les relations publiques ou les affaires institutionnelles… Il concerne les entreprises ou les associations à travers des stratégies de plaidoyer. Pour ma part, je parle de communication d’influence. L’enjeu n’est pas de manipuler, mais de faire circuler les idées et de les positionner stratégiquement dans le débat public. Il s’agit de comprendre les mécanismes de la décision publique et de s’y insérer en apportant des contenus et de la méthode. Ce n’est pas un gros mot, c’est un métier, avec ses règles, ses outils et ses exigences. Et surtout, c’est un métier qui repose sur la confiance mutuelle.

David Ouvrard. Je partage cette idée que le lobbying est bien souvent galvaudé. On l’associe à tort à des pratiques opaques. Dans les faits, c’est une fonction structurée, encadrée, qui consiste à organiser les relations entre un acteur économique et les décideurs publics. Cela inclut l’anticipation des réglementations, la défense d’intérêts légitimes, mais aussi la coconstruction de politiques publiques. Chez Stan, nous nous positionnons d’ailleurs comme tiers de confiance afin de poser un cadre d’échange intelligible et durable. C’est tout sauf de l’opacité.

Peut-on encore parler de lobbying à l’échelle municipale ?

G.P. Absolument. L’échelon local est même celui où l’influence prend corps de manière concrète. En Bretagne, il existe une tradition du faire-ensemble où les collectifs se constituent pour faire avancer des causes. Cela a forgé une culture du réseau et du dialogue. Les entreprises ne sont pas seulement des pourvoyeuses de taxes locales, elles sont des actrices du quotidien. Et les maires, les intercos, les départements sont en première ligne sur des compétences stratégiques telles que la mobilité ou le logement et ont besoin de l’expertise du privé. Notre rôle est d’assurer le dialogue entre ces acteurs essentiels.

Aujourd’hui, une entreprise doit comprendre son écosystème

D.O. L’influence territoriale ne date pas d’hier, mais elle a changé de nature. Autrefois, il suffisait d’être un acteur économique reconnu pour espérer être légitime aux yeux des décideurs publics. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, une entreprise doit comprendre son écosystème, c’est-à-dire connaître ses interlocuteurs et anticiper les attentes politiques, identifier toutes les parties prenantes… La vie municipa…