Couverture du journal du 27/02/2026 Le nouveau magazine

Boris Le Goffic, CEO d’Endro (Lannion) : « La montée en puissance industrielle est au service de la qualité, pas contre elle »

À Lannion (Côtes-d'Armor), Endro conçoit, fabrique et distribue ses cosmétiques bio sans sous-traitant. Une exception, dans un secteur marqué par l'externalisation des productions. L'entreprise a engagé un virage stratégique pour changer de dimension, avec un repositionnement de marque et une montée en puissance industrielle. Objectifs : passage de 500 à 3 000 pharmacies, doublement des cadences de production et l'ambition de devenir une ETI d'ici cinq ans.

Boris Le Goffic, CEO et cofondateur d'Endro. © Endro

Endro est une marque cosmétique qui ne sous-traite pas sa fabrication. Pour quelle raison ?

C’est arrivé par hasard. Au départ, personne ne voulait fabriquer nos produits : trop petits, des formulations atypiques… On a été contraints d’internaliser. Au bout d’un an, on avait les volumes pour externaliser, mais on a fait le choix inverse : garder la main sur l’intégralité du cycle. Aujourd’hui, tout est dans notre usine avec 90 salariés en 3×8, que ce soit la R&D, la fabrication, le conditionnement ou encore la logistique.

Qu’est-ce que cette intégration verticale change dans votre capacité à innover ?

Une marque qui passe par un façonnier envoie un cahier des charges et reçoit un essai par mois. Nous, on condense ce délai en jours. Le matin, je lance un essai ; l’après-midi, j’évalue le résultat ; le lendemain, je relance une itération. On gagne des mois de formulation et on multiplie les essais. C’est ce qui nous permet de tenir le 100 % d’origine naturelle avec un niveau d’efficacité élevé. La plupart des marques n’ont pas cette flexibilité.

Ce modèle intégré n’a-t-il pas un coût ? N’est-ce pas un frein à la