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Ticatag, la pépite IoT qui a su muer vers le B2B

Née en 2013 dans l'écosystème télécom de Lannion (Côtes d'Armor), la start-up Ticatag a opéré un virage stratégique : quitter le marché grand public pour conquérir l'industrie, la logistique et l'agriculture. Son fondateur, Yann Mac Garry, ingénieur issu d'Alcatel-Lucent, a fait le pari que la valeur ne résidait pas dans l'objet connecté, mais dans la donnée qu'il génère.

Yann Mac Garry, président fondateur de Ticatag. ©Ticatag

À 52 ans, Yann Mac Garry quitte Alcatel-Lucent. Il laisse alors derrière lui vingt-cinq années de télécoms et un dernier poste consacré au déploiement de réseaux mobiles en Afrique. Mais devant lui, se présentent une page blanche et une conviction : l’Internet des objets (IoT) va transformer l’économie. Il fonde alors avec deux anciens collègues Ticatag, dont le chiffre d’affaires dépasse aujourd’hui modestement les 350 000 euros, pour une équipe de cinq salariés. Depuis les débuts, le modèle économique a profondément changé. Le premier produit, le « Ti’Be », exploite le Bluetooth basse consommation pour localiser des objets du quotidien comme des clés, un sac ou un vélo. Un principe que l’on retrouvera plus tard dans l’AirTag d’une célèbre marque à la pomme. Trente mille unités vendues en trois ans… Puis un plateau. Le marché du grand public montre ses limites.

Du produit au service

« Le monde du B2C est très dur, concède Yann Mac Garry. Nokia, Samsung, puis Apple sont arrivés. Il fallait trouver le coup d’après. » Ce coup, c’est Sigfox : un réseau télécom dédié aux objets connectés qui permet d’alimenter un capteur sur pile pendant plusieurs années. Une rupture technique décisive pour le monde industriel, où la maintenance d’un parc de milliers de balises dispersées sur un territoire représente un coût opérationnel significatif. Aujourd’hui, Ticatag s’appuie également…