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Conflit au Moyen-Orient : en Bretagne, l’économie encaisse déjà le choc

Le regain de tension au Moyen-Orient percute de plein fouet plusieurs secteurs clés de l’économie bretonne. Transport routier, distribution de boissons, pêche, mais aussi bâtiment, voient remonter leurs coûts logistiques, énergétiques et de production, sur fond d’extrême volatilité des cours du pétrole. Pour des entreprises déjà fragilisées par plusieurs années de crises successives, l’enjeu n’est plus seulement de maintenir ses marges mais d’épargner les trésoreries.

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Le conflit qui s’est embrasé au Moyen-Orient ne se résume pas, pour les entreprises bretonnes, à une inquiétude géopolitique lointaine. Il agit déjà sur des structures parfois essoufflées, au moment même où l’économie française commençait à sortir la tête de l’eau. « L’année 2025 en France avait quand même été une année de reprise prudente », rappelle Léa Dauphas, cheffe économiste au sein du cabinet TAC Economics, avant d’ajouter que ce nouveau choc survient au pire moment, alors que « l’économie française commençait à sortir un peu des effets des crises à la fois Covid et de la crise ukrainienne ». Dans son scénario principal, le pétrole resterait autour de 100 dollars le baril pendant quelques mois, avec à la clé une ponction de l’ordre de 0,5 point de croissance. Mais l’économiste met en garde : ce scénario n’est pas le seul et un conflit durable ferait basculer l’économie dans « un choc d’une toute autre nature ».

Pour la Bretagne, région exportatrice et fortement dépendante des flux logistiques, l’onde de choc se traduit par le renchérissement des hydrocarbures, l’allongement des délais maritimes, la hausse des primes d’assurance, mais aussi par une demande intérieure susceptible de se contracter à nouveau. « Il n’y aura pas de secteur épargné », résume Léa Dauphas. À court terme, elle estime que les entreprises peuvent encore absorber une partie du choc. Mais cet équilibre reste précaire. « Est-ce qu’on est capable de résister 12 à 18 mois à ces niveaux de coûts ? », s’interroge-t-elle. Pour l’économiste, chaque dirigeant doit désormais mesurer sa capacité réelle à tenir dans la durée.

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