La contribution des ETI à l’économie nationale n’est plus à démontrer. Les chiffres parlent pour elles. 3,8 millions d’emplois, 34 % d’exportations, 40 % de l’industrie. Leur rôle dans la cohésion sociale locale est beaucoup moins connu. Discret, il n’en est pas moins majeur. Un siège social, une usine ancrée depuis des décennies, parfois depuis des siècles, ont une force d’entraînement sur l’activité des artisans, des PME, sur le dynamisme des commerces de centre-ville et la permanence de services publics de proximité. Les ETI sont les grandes entreprises du coin. Là où elles sont nombreuses, les écoles, les crèches, les maisons de santé, les équipements culturels et sportifs le sont aussi.
Là où il y a une ETI, il y a de la vie ! Voilà un bon remède à la France des volets clos.
Car au-delà des considérations économiques, une ETI c’est aussi la rencontre d’une entreprise et d’un lieu. C’est là le supplément d’âme de ces entreprises dont plus de 75 % des sièges sociaux sont en province. Le destin d’une ETI et d’un territoire sont liés de façon consubstantielle.
Alors que les moyens publics, limités en raison de la situation financière du pays, peinent à assurer les missions d’intérêt général, le Mécénat constitue un formidable relais.
Le Mécénat des ETI, c’est aujourd’hui 1 milliard d’euros qui irriguent à plus de 80 % les domaines essentiels de la vie locale : préservation du patrimoine, protection de la biodiversité, accompagnement dans l’insertion et la mobilité des personnes vulnérables ou isolées, engagement dans la santé locale et les centres hospitaliers, formation et insertion des jeunes en difficulté, soutien à toutes les formes d’arts et festivals musicaux ainsi qu’aux associations sportives… Les exemples, dans le pays, partout foisonnent.
Là où il y a une ETI il y a de la vie.
Le Mécénat des ETI est fédérateur et dégage une énergie collective autour de projets utiles, concrets, qui changent la vie. Entreprises et leurs salariés, État, collectivités locales, associations… Dans un pays où chacun est dans sa ligne de nage, ce mécénat local est un formidable trait d’union. Il crée des liens précieux et une meilleure compréhension entre tous les acteurs.
Il ne s’agit pas là d’un concept. Il est vécu chaque jour sur le terrain par des porteurs de projet toujours plus nombreux.
Et nous pourrions faire beaucoup plus et beaucoup mieux pour autant qu’on n’y mette pas un frein. Malheureusement les pouvoirs publics nationaux considèrent trop souvent le mécénat, non comme une contribution additionnelle des entreprises et des particuliers, mais comme une « niche fiscale » dont il faut réduire le coût. Au regard des formidables retombées du mécénat depuis plus de 20 ans, au regard aussi des défis gigantesques de la société françaises et notamment des injustices territoriales qui prospèrent, il faudrait au contraire accélérer et encourager les ETI à faire davantage au service de l’intérêt général local. Elles y sont prêtes !
À l’occasion de l’Assemblée Générale du Club ETI Bretagne, qui se réunit ce jeudi 30 avril, Le METI appelle avec ADMICAL à faire du mécénat l’une des solutions du prochain quinquennat pour encourager l’engagement et les solutions locales !
En Bretagne, 260 ETI bretonnes ont déclaré plus de 50 millions d’euros de dons. Elles représentent 45 % des 113 millions d’euros de dons déclarés par l’ensemble des entreprises de la région. Derrière ces grands chiffres, des réalités de terrain concrètes.
Comme le soutien apporté depuis vingt ans par le groupe Queguiner au Festival des Vieilles Charrues. Depuis trois générations, le groupe s’attache à faire vivre la culture bretonne au travers d’un mécénat fidèle à ce festival unique, qui a su évoluer au fil du temps pour rayonner au-delà du territoire, tout en étant un rendez-vous attendu et apprécié de tous les habitants.
« Ce festival a une signification toute particulière pour moi. Depuis 19 ans, j’y suis bénévole et, pour l’anecdote, j’y ai même été salarié en 2011 » indique Clément Queguiner.
La Conserverie La Belle-Iloise, société à mission, s’engage, elle aussi, dans le soutien aux initiatives locales : dans son activité économique où elle privilégie la proximité dans ses approvisionnements (14 % du volume de poisson provenant de Quiberon) mais aussi dans son mécénat, avec une dynamique active de don alimentaire aux associations (plus de 50 000 boîtes de thon données depuis 2023).
« L’entreprise est un levier d’action fort car elle parle au plus grand nombre […], nous pensons qu’elle peut, et qu’elle doit faire sa part pour que les choses aillent dans le bon sens » déclare Caroline Hilliet Le Branchu.
Le groupe Legendre, enfin, combine son expertise de la construction immobilière avec ses valeurs de responsabilité et de solidarité. Il participe ainsi à Rennes à la construction de la première Maison Lazare, visant à créer des appartements partagés entre personnes sans domicile et jeunes actifs, grâce à un mécénat de compétences des équipes de Legendre Construction.
« S’engager pour un monde plus solidaire est une des responsabilités du Groupe Legendre et s’agissant du mal-logement, cela résonne encore plus à nos oreilles de par notre cœur de métier » témoigne Vincent Legendre.