Couverture du journal du 01/07/2026 Le nouveau magazine

Artisans, la nécessité d’apprendre pour entreprendre

Avec la disparition programmée du Stage Préalable à l’Installation, la Chambre des métiers et de l’artisanat défend la mise en place au niveau national d’un passeport pour entreprendre afin de mieux préparer les futurs artisans chefs d’entreprise. C’est avant tout une nécessité pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais aussi une garantie de réduire le nombre de défaillances. Entreprendre, ça s’improvise rarement !

Le passeport pour entreprendre Chambre des métiers et de l’artisanat, un laissez-passer vers la réussite ? ©DR

Selon le baromètre ISM-MAAF de décembre 2025, le secteur de l’artisanat a enregistré un niveau record de créations d’entreprises, avec près de 280 000 nouvelles structures, soit un quart de l’ensemble des créations d’entreprises en France. Cette dynamique est largement portée par les microentreprises, qui représentent 77 % des nouvelles créations. L’artisanat confirme donc plus que jamais son attractivité auprès des entrepreneurs. Pourtant, derrière cet engouement entrepreneurial, les défaillances d’entreprises dans l’artisanat sont légion : les commerces de proximité notamment ont atteint en 2025 un niveau historiquement élevé, avec plus de 40 000 défaillances, en hausse de 3 % par rapport à 2024. Là encore, les microentreprises sont les plus touchées.

Se préparer aux réalités de l’entrepreneuriat

Avec la fin du Stage Préalable à l’Installation (SPI), la situation risque de s’aggraver encore. « Trop d’entrepreneurs se lancent encore sans suffisamment de préparation, ni étude de marché, s’exposant ainsi à des erreurs dès les premières démarches », déplore Joël Fourny, président de CMA France. D’autant que, selon la SIAGI en 2025, un quart des entrepreneurs estiment manquer de connaissances en éducation financière et en gestion d’entreprise. Aujourd’hui, les créateurs démarrent leur activité sans être suffisamment préparés aux réalités de l’entrepreneuriat. Le SPI, que le réseau des CMA portait, répondait à cet enjeu. Depuis sa suppression par l’État, en 2020, de son caractère obligatoire, de nombreux porteurs de projet passent à côté d’une formation pourtant déterminante pour garantir l’avenir de leur entreprise. Après la disparition du SPI, les CMA ont tout de même mis en place le parcours créateur : un accompagnement structuré organisé autour de trois modules, accessibles en présentiel, à distance ou en format hybride. Toutefois, les CMA constatent que son caractère facultatif en limite la portée : en 2025, seules 13 000 personnes ont suivi une formation à la carte du Parcours Créateur.

Trois jours de formation obligatoire

Face à ce constat et dans un contexte économique particulièrement exigeant, le réseau des CMA appelle à la création d’un « Passeport pour entreprendre » : trois jours de formation obligatoire, centrée sur les fondamentaux comme maîtriser les bases de gestion d’une activité, le calcul du coût de revient et la fixation des prix, l’analyse financière (comptes de résultat et trésorerie), le choix du statut juridique, l’évaluation du seuil de rentabilité ainsi que les obligations en matière de responsabilités et d’assurances professionnelles. « Nous pensons qu’une solution efficace pour sécuriser les parcours avant toute installation dans l’artisanat consiste en une formation courte et obligatoire. Les artisans sont avant tout des femmes et des hommes de métiers, et si le geste est au cœur de leur activité, il ne suffit pas à lui seul pour diriger une entreprise : la gestion et le pilotage exigent des compétences spécifiques complémentaires, » poursuit Joël Fourny.