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Transmission d’entreprises : Marché dynamique et porteur dans le Grand Ouest

Après un premier semestre 2020 chaotique et la paralysie de l’économie dans le contexte sanitaire et économique actuel lié à la Covid-19, le marché de la transmission d’entreprises est aujourd’hui dynamique et les perspectives sont réellement encourageantes. Volonté croissante des dirigeants de céder leur entreprise, intensification du nombre d’acquéreurs, importantes liquidités sur le marché, ces trois facteurs reflètent l’engouement et l’optimisme du marché de la transmission d’entreprises dans le Grand-Ouest de la France.

David Robert, dirigeant du cabinet JTB & Associés à Rennes

David Robert, dirigeant du cabinet JTB & Associés à Rennes ©LM

 

Une très forte reprise du marché de la transmission d’entreprises sur ces douze derniers mois

Depuis le mois de septembre 2020, le marché de la cession d’entreprises bat son plein avec un nombre important de transactions.

Des dirigeants cédants de plus en plus nombreux.
La majorité des opérations ne trouve plus forcément leur origine dans la volonté de départ en retraite du dirigeant et cette tendance s’est accentuée avec la conjoncture actuelle. En effet, nous observons de plus en plus de dirigeants souhaitant réaliser le fruit de leur travail et opérer un changement de vie. Ce phénomène a fortement boosté le marché sur les mois passés bien au-delà de l’effet« rattrapage »d’un marché quasiment à l’arrêt lors des premiers mois de l’arrivée de la pandémie.

Un nombre accru d’acquéreurs personnes physiques.
La crise de la Covid-19 a également accru les envies de reconversion des cadres, couplées par une volonté de changement de cadre de vie. Et notre Région Bretagne est particulièrement attractive pour sa qualité de vie  ! Ces derniers mois, nous avons ainsi observé une augmentation très significative du nombre d’acquéreurs potentiels dans nos bases de données.

Des groupes en quête d’opportunités.
La conjoncture a accéléré la concentration sur certains secteurs d’activité. De nombreux groupes se sont mis en veille d’opportunités de croissance externe pour compléter leur maillage géographique, prendre des parts de marché vis-à-vis de leurs concurrents de plus petite taille, potentiellement davantage impactés par la crise.

Des partenaires financiers toujours présents.
Bien que plus attentifs sur le domaine d’activité et les perspectives de l’entreprise, les partenaires financiers– banques, fonds d’investissement, family office… – sont bel et bien tou-jours présents et nous constatons un niveau de liquidités très important sur les marchés.

La crise Covid-19a-t-elle remis en cause les valorisations des entreprises ?

Pour les entreprises qui se sont montrées résilientes face à la crise et dont la rentabilité a été préservée, nonobstant les dispositifs d’aides et de financements mis en place par les pouvoirs publics dont elles ont pu bénéficier (Prêt Garanti par l’État, report de charges sociales, report d’échéances d’emprunt…), les valorisations n’ont pas baissé et les multiples devalorisation appliqués sont restés sensiblement identiques à l’« avant-crise ».Sur certains secteurs d’activité, notamment le médical, le digital et l’agroalimentaire, les valorisations ont même significativement augmenté.

Les conseils pour réussir au mieux sa transmission

Le facteur clé de succès est l’organisation du processus qui s’avère encore plus nécessaire et incontournable aujourd’hui qu’hier. En effet, céder son entreprise est un processus complexe qu’il est important de bien structurer afin de ne pas le subir.

  1. Faire évaluer son entreprise afin de s’assurer que le prix souhaité par le dirigeant soit en adéquation avec la valeur marché. Dans ce contexte économique«  inédit  », l’exercice de valorisation s’avère être de plus en plus technique, mais d’autant plus intéressant  ! Qu’ils soient épisodiques ou pérennes, les impacts de cette crise doivent être appréhendés dans l’exercice de valorisation.
  2. Réaliser un mémorandum d’information complet et fidèle dans la présentation de  toutes les composantes de l’entreprise (critères de dépendance, organisation humaine, respect des normes…) . La transparence et la pertinence des informations communiquées à l’acquéreur permettent d’éviter de désagréables renégociations lors des audits.
  3. Sélectionner le bon repreneur tant sur ses compétences que sur sa surface financière. Même s’il y a actuellement d’importantes liquidités sur le marché, les partenaires financiers sont de plus en plus regardants sur le profil du repreneur et sa solidité financière.

Rétrospective sur l’arrêt brutal des opérations de transmission au Printemps 2020

Le marché de la transmission d’entreprises n’a pas été épargné par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19 et a dû faire face à une diminution substantielle des opérations de transmission. Le confinement du Printemps 2020 et l’arrêt quasi total de l’économie ont provoqué le gel voire l’annulation de nombreuses transactions, notamment dans les secteurs les plus durement frappés par la crise :tourisme, hôtellerie, évènementiel, aéronautique…En effet, un grand nombre de dirigeants d’entreprise s’est avant tout efforcé de faire face aux problématiques engendrées par la crise du Covid-19  :arrêt de l’activité, mise en œuvre du télétravail et des normes sanitaires… et nombreux sont ceux ayant suspendu leur décision de cession par manque de visibilité, attendant que la situation économique de leur entreprise se rétablisse. Les perspectives incertaines de l’économie ont également gagné les acquéreurs qui ont décidé de mettre en stand-by leurs projets d’acquisition.Quant aux financiers (établissements bancaires, fonds d’investissement…), les financements ont été gelés durant la période du premier confinement de mars à mai 2020.

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