« La Bretagne a besoin de sa pêche ! Clame haut et fort Loïg Chesnais-Girard devant l’ensemble des représentants de la filière. Il faut tenir dans les tempêtes comme celle que nous traversons en ce moment mais je suis surtout ici parmi vous pour regarder au-delà. La jeunesse doit être notre priorité ! » Après avoir écouté les professionnels de la pêche et du mareyage, le président du conseil régional fait part de sa vision stratégique à hauteur de ses moyens financiers et de ses compétences. Rappelons tout de même que cette réunion intervient après que la Commission européenne a présenté le 30 avril dernier un encadrement temporaire des aides d’État destiné à permettre aux États membres de répondre « aux effets économiques de la crise au Moyen-Orient sur les secteurs de l’agriculture, de la pêche, des transports et des industries à forte intensité énergétique ». L’adoption de ce cadre par la Commission européenne offre à la France la possibilité de fixer le montant de l’aide à 35 centimes par litre de carburant pour le mois de mai. Ce cadre offre également la possibilité de mettre en place l’aide de 20 centimes annoncée pour le mois d’avril… L’Etat tente d’amortir la hausse des coûts des carburants pour les professionnels mais l’avenir de la pêche ne dépend pas seulement de la nature des crises successives.
Un bateau neuf, c’est 25% de gasoil en moins !
« Les crises s’enchaînent et il nous faut absolument protéger cette filière, dit Loïg Chesnais-Girard. On demande à la pêche d’être plus sûre, plus décarbonée, plus attractive et plus respectueuse de la ressource mais pas question d’autoriser les professionnels à renouveler leur outil de travail. C’est aberrant quand on sait qu’un bateau neuf, c’est 25% de gasoil en moins ! » Le président préconise donc d’attirer une nouvelle génération de pêcheurs en stimulant les formations et d’entreprendre un, grand plan de modernisation de la flotte. Alors que l’Europe cible principalement la réduction de la flotte, Loïg Chesnais-Girard, entend la renouveler et la moderniser.
Bruxelles est en réalité au centre des préoccupations
« Le renouvellement de la flotte est absolument nécessaire pour la survie de la filière mais les prix ont explosé, alerte Olivier Le Nézet, président du comité régional des pêches. Il est néanmoins urgent d’y procéder et cela ne peut qu’être vertueux. Car avoir des nouveaux bateaux ne veut pas dire pêcher plus, mais pêcher mieux ! » Les professionnels bretons semblent avoir été entendus et se savent soutenus. Ce sont les décisions de Bruxelles qui hantent réellement les esprits. Les quotas, les négociations actuelles sur la Politique commune des pêches, la fermeture hivernale annuelle du golfe de Gascogne…