Qu’est-ce-qu’Euronext ?
Guillaume Morelli : Euronext est la première Bourse d’Europe et opère sur huit marchés réglementés en Europe : la France, la Norvège, l’Irlande, les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal, l’Italie et la Grèce. Aujourd’hui, une action sur quatre achetée ou vendue en Europe passe par Euronext. Plus d’une obligation sur deux cotée en Europe y est inscrite. Nous sommes une vraie Bourse au service du financement des entreprises. En France, nous avons environ 800 sociétés cotées. Depuis une quinzaine d’années, le groupe Euronext souhaite se rapprocher des entreprises dans les territoires avec une méthode renouvelée. Cela passe par un parcours d’accompagnement dédiée aux PME et ETI de nos régions ou par de nouveaux marchés dédiés comme Euronext Growth ou Euronext Access.
Il y a donc une volonté de s’intéresser aux entreprises locales…
G.M : Oui, c’est central pour nous. Une de nos missions est de créer des passerelles entre les sociétés qui ne sont pas encore cotées et celles qui le sont. Notre cahier des charges est de faire de la pédagogie auprès des entrepreneurs pour qu’ils soient à même de choisir l’option « Bourse » pour de bonnes raisons et au bon moment.
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Combien y a-t-il d’entreprises bretonnes cotées sur Euronext ?
Frédéric Boiffin : Il y en a 22 : quatre dans les Côtes d’Armor, cinq dans le Morbihan, six dans le Finistère, et sept en Ille-et-Vilaine. Il y a eu treize introductions en Bourse (IPO) en Bretagne depuis dix ans, alors qu’historiquement, il y en avait peu. C’est la région qui a gagné le plus de sociétés cotées depuis 5 ans. Toutefois, certaines entreprises sont cotées de plus longue date comme le groupe Bolloré.
Quels sont les secteurs d’activité représentés ?
F.B : Sur les dernières années, nous avons un certain nombre de sociétés dans les Telecom, et plus largement dans la tech.
G.M : On en retrouve dans le secteur des technologies et de la transition énergétique comme Charwood, Okwind et Entech. Ce sont des pôles d’excellence représentatifs des grands bassins de savoir-faire de la région. Certaines entreprises sont liées au monde de l’agro-alimentaire ou de l’alimentation en général.
Les entreprises cotées sont-elles plutôt des PME ou des ETI ?
F.B : Au cours des dernières années, ce sont plutôt de grosses PME qui sont entrées en Bourse. Elles ont vite pris le statut d’ETI comme Entech à Quimper. Lors de son IPO, l’entreprise affichait une quinzaine de millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle se rapproche maintenant des 80 millions.
G.M : Le chiffre d’affaires médian des sociétés cotées en Bretagne est de 44 millions.
L’autre avantage, c’est l’indépendance
Que viennent chercher les entreprises en Bourse ?
G.M : Elles veulent accélérer et se donner les moyens d’investir plus. Et justement, la Bourse est un outil de diversification des options de financement. Les entreprises se rendent éligibles à une nouvelle catégorie d’investisseurs et d’épargnants. En France, on a près de 5 millions d’actionnaires individuels. On en gagne chaque trimestre de manière importante. Sans compter les investisseurs institutionnels comme les grands fonds…