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ENTRETIEN. Christine Lozachmeur, candidate à la présidence du Medef Bretagne : « Porter une voix régionale puissante »

À quelques jours de l’élection du 6 mars 2026 pour la présidence du Medef Bretagne, Christine Lozachmeur, présidente du Medef Finistère, détaille les raisons de sa candidature. Opposée à Éric Challan Belval, président du Medef Ille-et-Vilaine, dans ce scrutin, elle entend incarner une parole régionale issue du terrain, des fédérations et de tous les bassins économiques bretons.

Christine Lozachmeur, présidente du Medef 29 et candidate à la présidence du Medef Bretagne ©Medef 29

Pourquoi avoir décidé de briguer la présidence du Medef Bretagne ?

Christine Lozachmeur. Si je me présente aujourd’hui, ce n’est pas pour porter une parole individuelle ni celle d’un territoire contre un autre, mais pour construire une parole régionale issue du terrain, des fédérations et de tous nos bassins économiques. Ma candidature part d’une conviction simple : la Bretagne est forte quand elle parle d’une seule voix, en assumant sa diversité — métropoles, villes moyennes, ruralité, industrie, agriculture-agro, maritime, services, numérique, défense,…
Le Finistère que je représente est l’un des visages de cette Bretagne : un tissu fait majoritairement de PME, mais aussi d’ETI familiales significatives et de groupes à dimension nationale et internationale. Et c’est précisément cette complémentarité entre territoires qui fait la puissance du Medef en Bretagne. Cette candidature s’est aussi construite au fil de mes échanges avec des chefs d’entreprise et des représentants de différents bassins économiques. Des dirigeants qui parlent d’investissement, de recrutement, de pression normative, de compétitivité. Des femmes et des hommes profondément engagés dans leurs territoires, qui veulent être entendus et associés aux décisions qui les concernent.

Depuis plusieurs années, je m’attache également à créer des ponts : entre territoires, entre la Bretagne et Paris, entre les acteurs économiques et les décideurs. Je suis coprésidente de la commission Croissance & Territoire du Medef aux côtés d’Olivier Salleron (président de la Fédération française du Bâtiment, N.D.L.R.). Cela me donne à la fois une compréhension fine des réalités locales et une lecture des dynamiques nationales — utile pour défendre efficacement la Bretagne.

Quels défis attendent le Medef Bretagne et sont-ils inédits ?

CL. Les défis ne sont pas totalement nouveaux, mais ils changent de nature par leur intensité et leur simultanéité. Nos entreprises font face à une accumulation de transitions : transition écologique, transition numérique, tensions sur les compétences, pression fiscale et normative, instabilité géopolitique… Ce qui est inédit, ce n’est pas chaque défi pris isolément, c’est leur combinaison et la vitesse à laquelle ils s’imposent aux dirigeants. Nous ne devons pas seulement réagir aux crises, nous devons les anticiper.

Les entreprises ne demandent pas des privilèges, elles demandent d’être écoutées et associées aux décisions qui impactent leur quotidien. Le défi du MEDEF Bretagne est donc double : accompagner concrètement les entreprises dans ces mutations, et porter une voix régionale puissante pour que les décisions prennent mieux en compte nos réalités économiques. Le rôle du MEDEF Bretagne est d’être à la fois un bouclier, face aux contraintes excessives, et un catalyseur pour faire bouger les lignes : simplifier, rendre lisibles les règles et ne pas surréglementer, les combattre lorsqu’elles freinent la compétitivité de nos entreprises, créer les conditions qui permettent aux entreprises d’agir et d’investir.

Quelles sont les forces et les faiblesses de l’économie bretonne ?

CL. Nous bénéficions d’un écosystème d’innovation solide : la Bretagne rayonne dans le numérique, la défense, les biotechnologies et les énergies marines renouvelables (EMR). Et nous profitons d’un second atout : la qualité de vie. C’est important pour attirer les talents et les entreprises. Néanmoins, nous faisons face à des difficultés de recrutement devenues structurelles, et touchant des secteurs essentiels, tels que le BTP, l’agroalimentaire, la restauration, au point de brider la croissance de certaines entreprises. Ces tensions s’étendent à certaines compétences clés, dans les filières techniques et numériques, indispensables à la compétitivité. S’y ajoutent des déséquilibres territoriaux, entre centres-villes, zones périurbaines et territoires ruraux, pour l’accès aux services. Enfin, sur un plan macroéconomique, le contexte économique et politique fragilise nos entreprises. Le manque de lisibilité et l’attentisme qui s’installe, pèsent lourdement sur les décisions d’investissement et sur l’activité.

 

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