Fondé en 1906, le Grand Hôtel de Courtoisville a traversé le siècle en cultivant une identité balnéaire familiale venue compléter le faste curiste du Grand Hôtel des Thermes. Racheté en 2021 par Gérard Jiquel, cofondateur de Samsic et fondateur de BLH (Beautiful Life Hotels) en 2018, et sa fille Aurélie Durand, directrice générale du groupe BLH, l’établissement a rouvert début décembre après une impressionnante métamorphose. « Nous avons voulu redonner à cette maison son statut d’adresse iconique malouine, sans en dénaturer l’histoire », résume Franck Louâpre, directeur nommé à l’automne 2025.

Le restaurant de l’hôtel, le 1906, dispose de 80 couverts à l’intérieur complétés par 50 couverts en terrasse. ©7Jours/Rolland
L’investissement total n’a pas été divulgué lors de notre visite, mais l’ampleur des travaux ainsi que la durée de la fermeture (trois ans) nécessaire à la réalisation du chantier parlent d’eux-mêmes. Un montant d’environ 20 millions d’euros est néanmoins évoqué par différentes sources. Le décor fait la part belle aux années 1930, en ressuscitant les codes de la Belle Époque, et à l’univers du jeu, en hommage au casino de Paramé jadis voisin. La verrière inspirée d’Eiffel donne le ton dès l’entrée. Au sol, les mosaïques forment une rosace centrale qui évoque un jeton de casino ; clin d’œil aux origines balnéaires du quartier de Paramé. Plus loin, le bar Baccarat mêle bois sombre, velours et laiton. Des luminaires frangés, inspirés des tables de jeux, diffusent une lumière tamisée. Une cheminée à vapeur d’eau complète ce décor feutré.
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63 chambres et suites
L’hôtel compte désormais 63 chambres, réparties en onze catégories. On y trouve sept suites dont une junior avec bain nordique privatif, une suite signature de 80 m² prolongeable jusqu’à 120 m², et deux suites duplex de 60 à 70 m². « La dimension familiale reste au cœur de notre ADN, mais nous voulons aussi séduire une clientèle loisirs et affaires en quête d’espace et de service », affirme Franck Louâpre. Côté restauration, le restaurant bistronomique Le 1906 (80 couverts intérieurs, 50 en terrasse) propose une cuisine locavore ancrée dans les produits bretons. La carte courte (quatre entrées, cinq plats, cinq desserts) est ouverte aux hôtes du mardi au samedi soir, et s’ouvrira progressivement aux clients extérieurs de l’hôtel. En cuisine, une équipe de dix personnes emmenée par le chef Antoine Pelé assure l’offre culinaire.

Le Grand Hôtel de Courtoisville dispose de 63 chambres et suites. ©7Jours/Rolland
Un spa avec piscine, six cabines de soins et des prestations bien-être complètent l’offre. Le bar est quant à lui accessible aux clients extérieurs. L’établissement compte 42 salariés, renforcés l’été par une quinzaine d’extras. Les chambres supérieures démarrent à 179 € et les suites plafonnent à 700 €, même en très haute saison. « Nous avons fait le choix de rester cohérents avec notre classement et le marché local. Nous ne souhaitons pas devenir une adresse hors-sol », détaille-t-il.
On ne ferme pas trois ans pour le plaisir. Il faut une vraie rentabilité derrière
Fermé pendant trois ans, le Courtoisville doit regagner en visibilité. « Il faut tout reconstruire : les réseaux sociaux, la notoriété locale, le référencement… Mais l’accueil que nous a réservé public est très encourageant », souligne le directeur. L’objectif de taux d’occupation est fixé à 60 % en 2026, avec un rythme de croisière espéré entre 75 et 80 % à l’avenir. Le chiffre d’affaires attendu devrait osciller entre 2 et 3 millions d’euros pour la première année, avec une ambition à moyen terme de 4 à 5 millions. « On ne ferme pas trois ans pour le plaisir. Il faut une vraie rentabilité derrière », concède Franck Louâpre.
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La piscine intérieur s’étire sur 14 m de long. ©7Jours/Rolland
Un nouveau joyau pour le groupe BLH
Ce projet s’inscrit dans une stratégie d’expansion de Beautiful Life Hotels. BLH dispose en effet d’un portefeuille d’une dizaine d’établissements haut de gamme, répartis du Grand Ouest à l’Île‑de‑France, pour un total de plus de 500 chambres et suites adaptées à une clientèle de loisirs comme d’affaires. On y retrouve notamment des adresses balnéaires comme le Royal Émeraude à Dinard et Le Saint‑Christophe à La Baule, des hôtels comme Sozo à Nantes ou Les Étangs de Corot en région parisienne, ainsi que le Domaine de Locguénolé à Kervignac ou encore La Monnaie à La Rochelle.

Une verrière Eiffel abrite les convives à leur arrivée dans l’hôtel. ©7Jours/Rolland
Plutôt que de standardiser ses adresses sous une même identité, le groupe mise plutôt sur des maisons singulières. BLH renforce ainsi sa présence sur le segment haut de gamme tout en développant une visibilité forte auprès d’une clientèle nationale et internationale. « Chaque hôtel BLH a sa propre identité, en lien avec sa destination. Le but est de redonner vie à des lieux chargés d’histoire, sans jamais les dénaturer », rappelle Franck Louâpre. Fort de cette profonde rénovation, le Grand Hôtel de Courtoisville entend redevenir une référence quatre étoiles sur la côte d’Émeraude.