À quelques mois de l’échéance du 1er septembre 2026, quel est l’état de préparation du tissu économique breton ?
Mylène Orange-Louboutin. Il y a effectivement une échéance très importante au 1er septembre 2026, puisque toutes les entreprises, quelle que soit leur forme, devront avoir la capacité de recevoir des factures au format électronique. Il s’agit bien d’un format spécifique puisque la facture devra être émise au travers d’un dispositif informatique dédié permettant de capter certaines données. C’est donc très différent d’une facture simplement adressée sous forme scannée. Les échéances commencent à être connues. Nous travaillons d’ailleurs avec les chambres consulaires et avec l’appui de l’Ordre des experts-comptables pour communiquer sur cette réforme et sur ses enjeux. L’objectif est d’arriver à toucher toutes les entreprises en multipliant les rencontres sur le terrain.
François Lambert. On distingue deux populations d’entreprises. D’un côté, les entreprises structurées, qui ont déjà des politiques internes d’évolution de leur système d’information, qui travaillent avec leurs prestataires informatiques, étudient la faisabilité de la réforme et adaptent leurs processus. De l’autre, des entreprises plus petites, moins bien préparées, pour lesquelles le sujet est encore lointain. C’est là qu’il faut redoubler d’efforts pédagogiques.
Quelle est la différence entre une facture envoyée par mail et la « facture électronique » qui va devenir la norme ?
M. O-L. Lorsqu’on envoie une facture électronique structurée, on peut capter des données au travers du système informatique. 30 données transitent ainsi via la plateforme choisie par l’entreprise et sont récupérées directement par l’administration fiscale. Celle-ci n’aura donc plus besoin de redemander certaines informations, par exemple pour traiter des remboursements de crédit de TVA, ce qui doit permettre de gagner du temps. Autre enjeu, peut-être moins perceptible pour les entreprises : la facturation électronique nous donnera une vision beaucoup plus contemporaine de l’activité économique sur un territoire. Comme on l’a vu pendant le Covid et lors de crises récentes, disposer d’un diagnostic plus rapide facilite le pilotage des politiques économiques.

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Le choix de la plateforme suscite beaucoup de questions. Quel cadre a été fixé ?
F. L. Il existe plus d’une centaine de plateformes agréées par l’État. Et le choix de la plateforme est important car chaque plateforme a son niveau de service. Chaque entreprise a ses spécificités qui imposent des réponses techniques précises. Nous, experts-comptables, pouvons orienter les entreprises vers la bonne solution. Prendre une information générale, c’est bien. Mais dès que l’entreprise se projette dans la réforme, elle va se poser des questions très précises : est-ce que je peux utiliser plusieurs plateformes ? Est-ce que mon logiciel me permettra de générer un e-reporting complet ? Ce sont des questions qui…