Avant de devenir l’un des visages discrets de l’intelligence artificielle en France, Jean-Louis Quéguiner a longtemps travaillé dans l’ombre, les mains sur le clavier, le regard rivé sur les lignes de code. Né à Rennes en 1988, il a grandi en Bretagne avant de traverser l’Atlantique pour ses études. Loin des récits flamboyants de la tech californienne, c’est sur le terrain qu’il forge ses convictions. À 36 ans, il incarne une figure singulière dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, celle d’un ingénieur exigeant, capable de transformer une contrainte technique en une solution numérique performante.
Sa première expérience professionnelle, chez PSA, le conduit à Charleville-Mézières, dans une fonderie. Il se heurte à un défaut persistant sur une pièce en aluminium. Le noyau de sable placé au centre d’un moule, censé façonner l’intérieur, cède au contact du métal en fusion. Cinq ingénieurs cherchent en vain la cause. Les pertes s’accumulent, jusqu’à ce qu’un ouvrier expérimenté propose d’appliquer une couche de peinture d’aluminium sur le noyau pour le rendre étanche. « Ce jour-là, j’ai compris qu’une solution empirique pouvait parfois venir à bout des raisonnements les plus sophistiqués », se souvient-il.
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Quelques années plus tard, on le retrouve au Canada. Il y suit…