Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

Réouverture : entre attentes et inquiétudes

À l’arrêt depuis le 15 mars, le secteur de l’hôtellerie restauration est à bout de souffle avec des recettes quasi nulles pour la plupart des établissements en avril. Les professionnels espèrent une reprise en juin, mais s’inquiètent des protocoles sanitaires qu’ils devront mettre en place pour répondre aux exigences de distanciation.

L’Orée du Parc – Restaurant à Bécherel

« Il est impossible pour nous d’envisager qu’on ne puisse par rouvrir pour la belle saison, ce serait une catastrophe économique.»

Raphaël Renais, cogérant de l’établissement est inquiet. Fermé le 14 mars, il a repris du service avec son frère, le 14 avril. Les deux propriétaires préparent des plats à emporter, mais leur 4 salariés sont en chômage partiel et la situation financière deviendra critique si la réouverture tarde. « Nous avons relancé un peu d’activité avec la préparation de plats à emporter. Mais cela représente une quinzaine de repas / jour contre 100 couverts habituellement » déplore Raphaël Renais. Les restaurateurs bénéficient actuellement du fonds de solidarité et ont obtenu un prêt garanti par l’état, mais cela ne suffit pas « Je souhaite que l’État aille encore plus loin en annulant nos loyers, nos charges, les impôts, les taxes… » Car si les charges continuent de tomber les recettes se sont écroulées « En mars 2019 nous faisions 41 600 euros de CA et 13 700 euros en mars 2020. En Avril 2019, notre CA était de 31 000 euros et à ce jour (20 avril) nous sommes à 1 000 euros… ». Raphaël Renais espère une reprise mi-juin « Il est impossible pour nous d’envisager qu’on ne puisse par rouvrir pour la belle saison, ce serait une catastrophe économique. Ce qui est très compliqué c’est qu’on n’a pas de visibilité. On attend de l’état des réponses supplé- mentaires, une date d’échéance, des modalités précises. De notre côté nous sommes prêts à appliquer tous les gestes barrières nécessaires dans nos établissements. »

 

L’été indien – Bar à Rennes

« Comment allons-nous gérer les clients lors de la réouverture ? »

Pour les cafés, les bars, les discothèques, la situation est complexe. Le plus difficile pour Jean-Pierre Panon, dirigeant du bar de nuit L’été Indien à Rennes, réside dans le manque complet de visibilité « Quand allons nous reprendre et surtout comment ? Nous tenons des établissements où les gens sont debout, serrés… dans ce contexte comment mettre en place des gestes barrières ? L’avenir je ne le vois pas pour l’instant ». Car si certains cafés de jour pourront éventuellement adapter leur configuration pour tenir une distanciation, pour les établissements de nuit l’équation parait insoluble « On attend les directives de l’État, comment on va nous demander de gérer nos clients ». JeanPierre Panon a perdu 70 % de son chiffre en mars et 100 % en avril, ses 6 employés sont au chômage partiel. Lui et sa femme ne se rémunèrent pas depuis le début du confinement.

 

Anne de Bretagne – Hôtel à Rennes

« On attend un protocole précis »

Gilles Legendre dirige l’Hôtel Anne de Bretagne à Rennes, 44 chambres et 3 étoiles. Même si les hôtels peuvent légalement rester ouverts, son établissement est fermé depuis le 17 mars faute de clients, comme 95 % des hôtels en France. Pour le directeur la question du protocole à mettre en place est une priorité « l’UMIH travaille actuellement sur la création d’un protocole pour assurer la protection des salariés et des clients. Les discussions sont en cours avec les ministères de la Santé et du Travail. » Mais pour Gilles Legendre la mise en place de tout cela va être complexe et couteux « Il va falloir assurer un minimum de contact, gérer la circulation dans l’hôtel, gérer le nettoyage, la gestion du linge… faudra-t-il garder les chambres 24 heures sans clients, par précaution ? Et puis tout cela va avoir un coût alors même que nos rentrées diminuent fortement… Ce n’est pas simple ». Le directeur attend aussi des annulations de charges « À titre d’exemple, nous payons 138 euros de redevance TV par chambre, un simple report est proposé… ce sont des exonérations que nous attendons. »

 

L’info en plus

L’UMIH a mis en place une « cellule de relance » qui travaillera sur le long terme pour accompagner ses adhérents à l’horizon de 12 et 18 mois. Cette cellule de relance devra notamment fédérer les initiatives qui sont prises dans les départements et les régions.