Les gilets pare-balles sauvent des vies. Armor Check se donne pour mission de mieux de les sécuriser. Créée en août 2025, la start-up basée à Caudan, fabrique des capteurs intégrés au cœur des gilets pare-balles permettant de détecter les défaillances des plaques céramiques. « Ce sont des capteurs passifs, qui fonctionnent donc sans batterie, et permettent de rester discrets », détaille Clémentine Beutier, cofondatrice et associée de Armor Check, qui a travaillé pour la start-up Sense In spécialisée dans les capteurs intégrés aux pièces composites.
Avec une telle activité de niche, Armor Check cible une clientèle bien précise : l’armée, les convoyeurs de fonds et les journalistes de guerre. Elle vise donc un marché national et européen.
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Une commercialisation fin 2025
Depuis ses débuts, Armor Check a investi dans la recherche et développement pour finaliser et commercialiser son produit. Elle reste cependant discrète sur les sommes engagées. La solution va être testée dans les mois à venir au sein des forces spéciales. La start-up espère une commercialisation en fin d’année ou début 2027. « 2027 doit être l’année de l’accélération commerciale, glisse-t-elle. Nous voulons ouvrir le marché de la plaque connectée ».
En discussions avec plusieurs fonds
Autre chantier : la start-up, qui a obtenu 90 000 euros de subventions de la BPI et 20 000 euros de la Région Bretagne, s’attelle à lever des fonds. Elle vise une enveloppe de 800 000 euros, dont 200 000 euros sont déjà sécurisés. Présents en novembre dernier, à la 26e édition de Go Invest qui rassemblait une quarantaine d’investisseurs, les dirigeants de la start-up ont pu rencontrer des personnes intéressées par leur activité. « Nous sommes en discussion avec beaucoup de fonds, fait savoir Clémentine Beutier. Le processus prend du temps. Il faut être patient. »
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Grâce à cette levée de fonds, la start-up ambitionne d’étoffer son équipe et d’exporter sa solution en Europe. Pas facile d’estimer l’importance de son marché global. Uniquement dans l’armée, « on estime que 300 000 plaques céramiques sont achetées chaque année dans le monde », précise-t-elle. La start-up entrevoit déjà d’autres débouchés car sa solution pourrait aussi s’appliquer aux véhicules blindés.
Une technologie, plusieurs avantages
Spécialisée dans les capteurs intégrés aux pièces composites, la start-up Sense In, qui a cessé ses activités en 2025, travaillait sur plusieurs gammes de capteurs. Des anciens de cette jeune entreprise ont décidé de continuer de plancher sur la technologie la plus prometteuse au sein d’Armor Check. Ils fabriquent des capteurs, permettant de détecter les défaillances des plaques céramiques qui se trouvent dans les gilets pare-balles. Cette solution offre aussi une traçabilité. « Elle permet de savoir où le gilet est parti en opération et qui l’a porté », éclaire-t-elle.
D’autres technologies offrent un service qui se rapproche de celui d’Armor Check. C’est le cas des rayons X ou encore des capteurs d’accélération du nombre de chocs qui servent en amont des rayons X. Pour autant, Clémentine Beutier estime ne pas avoir de concurrence directe. Selon elle, la technologie d’Armor Check est plus avantageuse car elle est « utilisable sur le terrain ». Elle est « simple car son utilisation ne nécessite pas de personnel qualifié ». Elle « permet de réduire la logistique, déjà complexe au sein de l’armée, ce qui la rend du même coup plus économique ».