L’obtention de l’IGP européenne au 1er juin marque un tournant. Sur le terrain des chantiers de voirie, qu’est-ce que ce label change, à vos yeux, concrètement face à la concurrence des granits provenant de l’étranger ?
Matthieu Goudal. L’IGP est avant tout une reconnaissance de l’origine et du savoir-faire liés au Granit de Bretagne. Son extension à l’échelle européenne constitue une étape importante pour la filière. Sur le terrain, je pense que c’est surtout un outil de transparence et de traçabilité. Dans nos métiers, il peut parfois être difficile pour un maître d’ouvrage de savoir précisément d’où vient la pierre qui lui est proposée, notamment lorsque plusieurs intermédiaires interviennent entre la carrière, l’usine et le chantier. L’IGP permet de mieux identifier l’origine du matériau et de valoriser le lien entre une pierre, un territoire et un savoir-faire. Je ne pense toutefois pas qu’il faille opposer systématiquement le granit breton aux granits portugais ou espagnols par exemple. Il existe de très bons granites dans ces pays. La vraie questi…