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Bretagne à l’international : la Tunisie, porte d’entrée vers l’Afrique

Fin avril, le World Trade Center Bretagne organisait une rencontre « Climat des affaires et opportunités d’investissement en Tunisie », en présence d’acteurs du service économique tunisien (Invest in Tunisia, présidents de diverses CCI régionales), à la CCI de Rennes. L’occasion de faire le point sur les différents avantages pour les entreprises qui souhaitent s’y développer.

La délégation tunisienne devant la CCI d'Ille-et-Vilaine ©WTC Rennes

La délégation tunisienne devant la CCI d'Ille-et-Vilaine ©WTC Rennes Bretagne

Au carrefour de trois continents, liée à l’Europe, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, la Tunisie compte 1 300 kilomètres de littoral, sept ports commerciaux et neuf aéroports internationaux. « Le transit par la Tunisie peut faciliter l’accès au reste de l’Afrique, et il n’y a pas de barrière de langue », selon Tarek Hosni, directeur du réseau Fipa, Invest in Tunisia. Un pays « en avance économiquement en comparaison avec le reste de l’Afrique ».
Ainsi, en 1995, il est le premier pays à signer un accord de libre-échange avec l’Union européenne. Des négociations sont en cours pour élargir l’accord et renforcer les échanges commerciaux bilatéraux (Aleca).

1 568 sociétés françaises ont investi en 2023

Les 3 860 entreprises étrangères actives (en croissance au niveau national) ont investi 11, 9 milliards d’euros en Tunisie l’an passé.

La délégation en visite chez le groupe alimentaire Olga (ex-Triballat) ©WTC Rennes Bretagne

La délégation en visite chez le groupe alimentaire Olga (ex-Triballat) ©WTC Rennes Bretagne

« La France et l’Italie sont nos deux plus grands partenaires en terme d’investissements étrangers », précise Tarek Hosni. Les 1568 sociétés françaises qui disposent d’équipes sur le marché tunisien ont investi 2,1 milliards d’euros en 2023. Les échanges commerciaux diversifiés entre la France et Tunisie s’élèvent globalement à 9 milliards d’euros. Des dizaines de PME et d’ETI sont engagées dans des stratégies de co-développement entre l’Europe et l’Afrique.

Différents créneaux d’investissements possibles en Tunisie :

– numérique (4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour plus de 2 200 entreprises) ;

– industries mécaniques et électriques (7e fournisseur de l’Union Européenne) ;

– aéronautique (« la majorité du fuselage du Falcon 10X est fabriquée en Tunisie ») ;

– industries pharmaceutiques ;

– agroalimentaire (1er pays détenteur de la reconnaissance de l’équivalence avec l’UE en matière d’agriculture bio) ;

– textile et habillement, (en 2023, une hausse des exportations de 0,3 %, atteignant 2,9 millions de dinars tunisiens (MDT) et 158 000 emplois directs).

D’autres secteurs sont porteurs d’opportunités, comme les énergies renouvelables, le tourisme médical et les projets d’infrastructures.

Moins de procédures pour les créations d’entreprises

Le gouvernement a adopté des lois permettant de créer une entreprise plus facilement (davantage de services sont disponibles via le guichet unique, et les frais ont diminué), ainsi, « investir est libre et facile pour les entreprises en Tunisie. Les incitations fiscales et financières sont très importantes. » La Tunisie est l’un des pays où le nombre de procédures requises pour enregistrer une entreprise est le moins élevé. (Source : The Financial time 2024), en comparaison avec des pays comme le Maroc, France, Espagne, Italie Allemagne… Le pays offre aussi des facilités d’importation et d’exportation avec des procédures douanières simplifiées.
Une nouvelle loi « Start-up Act » vise à soutenir la croissance des start-up et encourager l’entrepreneuriat innovant, par le biais d’incitations fiscales, administratives et des financements.
Aussi, une loi sur l’investissement garantit la liberté d’investissement dans la majorité des secteurs, mais « il faut toujours garder à l’esprit que notre monnaie n’est pas tout à fait convertible », précise Tarek Hosni.

Quelques avantages pour les entreprises :

°Prime d’investissement pour les secteurs prioritaires (aéronautique, agroalimentaire…), avec un plafond d’1 MDT (300 000 euros) ;

°Incitations en faveur des projets d’intérêt national ;

°Primes d’investissements spécifiques aux zones de développement régional allant jusqu’à 30 % du coût d’investissement plafonné à 3 MDT.

Malgré toutes ces facilitations économiques pour l’installation de nouvelles entreprises sur le territoire tunisien, il subsiste toujours des obstacles : le pays est notamment confronté à une instabilité politique et sociale, à l’inflation et à des niveaux croissants de dette publique.