Couverture du journal du 14/05/2021 Consulter le journal

L’immobilier bretillien toujours au beau fixe en 2020

Malgré les deux mois de confinement du printemps 2020, qui ont stoppé les transactions, le bilan de l’activité immobilière reste élevé sur le département. Les notaires ne constatent qu’une diminution de 3,35 % du nombre de ventes (chiffres arrêtés au 30 septembre) par rapport à l’année précédente. Et les prix continuent d’augmenter.

Rennes

Me Richard Levionnois, président de la Chambre des Notaires d’Ille-et-Vilaine : « On a conscience que ce rapport sur le marché de l’immobilier suscite de l’intérêt, en période de crise. Nous ne ferons que des constats, il est difficile d’être dans la prospective. On peut toutefois affirmer que le marché n’a pas faibli, avec 23 000 transactions annuelles sur le département, c’est seulement 3 % de baisse par rapport à 2019. Le confinement n’a occasionné qu’un décalage dans le temps, les transactions ont bien eu lieu. Par ailleurs on manque de biens, le marché bretillien est toujours en tension, il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande, les prix continuent d’augmenter. Et les acquéreurs en Ille-et-Vilaine sont plus jeunes que la moyenne, ainsi près de 60 % des bretons sont propriétaires de leur logement. Ainsi de manière générale, ce n’est pas un marché spéculatif, on achète pour se loger. »

Cinq notaires du département ont commenté les chiffres de l’immobilier avec le président de la chambre des notaires d’Ille-et-Vilaine

Les Franciliens ?

Rennes conserve son attractivité malgré les prix élevés. Les investisseurs sont d’origines variées : 17 % de Bretons (hors Ille-et-Vilaine), 12 % de Franciliens, 14 % du reste de la France. C’est sur le littoral que l’on trouve le plus de Franciliens, ils interviennent dans 15 % des transactions. Ils sont aussi 7 % sur le bassin de Redon.

 

À Rennes, le prix des maisons a augmenté de + 60 % en 10 ans, les appartements anciens + 47 %

La hausse des prix s’accélère

« Le prix des maisons ne cesse d’augmenter » indique Nathalie Sidney-Durand notaire à Rennes. En effet sur Rennes et son agglomération, le marché immobilier est très tendu, les prix augmentent à un rythme soutenu. Les maisons anciennes ont pris + 60 % en 10 ans et les appartements anciens + 47 %. « Même les quartiers de Villejan et du Blosne voient les prix grimper. » Les prix des appartements anciens à Rennes ont bondi en 1 an, de + 8 % à Maurepas (la plus basse augmentation) jusque + 17,8 % au Blosne (1 850 €/m2 prix médian).

« Dans la première couronne rennaise, les prix augmentent de + 10 % globalement » renchérit Corinne Rimasson notaire à Bruz. Saint-Grégoire et Cesson-Sévigné toujours en tête des villes les plus chères du secteur, avec des prix atteignant les 5 000 €/m2 pour un appartement neuf. « Les baisses de prix à Chantepie et Saint-Jacques-de-la-Lande, s’expliquent par le ratio avec les programmes en accession aidée. »

« La seconde couronne rennaise gagne aussi en attractivité », précise Yves De Langlois, notaire à Chartres-de-Bretagne.

« Ce sont pour 40 %, des acquéreurs entre 30 et 40 ans. » Les maisons à Thorigné Fouillard, Bruz, Acigné ou Châteaubourg voient leurs prix augmenter de + 13 à + 16 %.

Le littoral, pression immobilière sur cet eldorado breton

« Le marché est nerveux sur la côte de Saint-Malo, Dinard » indique Stéphane Le Jamtel notaire à Saint-Malo. Peu d’offres, les prix augmentent, et il y a rarement des négociations. Le profil des acheteurs est plus âgé, cadres supérieurs ou retraités. (40 % des acquéreurs ont plus de 60 ans, et le marché de la résidence secondaire vient renforcer les tensions sur les prix. On note environ 15 % d’acquéreurs d’Île-de-France et 35 % de Rennais. Les franciliens qui interviennent dans 15% des transactions de maisons, ont augmenté leur budget en 2020 à 381 500 € (17 % de plus qu’en 2019) soit 100 000 € de plus que celui des locaux.

« Les jeunes s’éloignent à 15-20km pour acheter à Saint-Méloir, Châteauneuf d’Ille-et-Vilaine… »

Sur le littoral : 15 % d’acquéreurs d’Île-de-France, 35 % de Rennais

Villes moyennes et secteurs ruraux

Tous les secteurs géographiques ont profité de la demande soutenue, même les plus excentrés ont vu leur attrait se renforcer. Les petites villes, qui offrent tous les services (commerces, collège et lycée…) profitent de la demande renouvelée et voient leurs prix progresser (Bain-de-Bretagne + 2,9 %, Dol-de-Bretagne + 6,9 %, Redon + 5,6 %, Vitré + 3,7 %…). Le bassin de Redon voit une attractivité de par son emplacement, sur la route de La Baule et de la côte Morbihannaise. Nantais et Parisiens se positionnent sur les transactions.

 

CRÉDITS IMMOBILIERS FREINÉS

– 18 % de prêts immobiliers octroyés en 2020 en France. Ces chiffres montrent s’il le fallait que les conditions d’accession au prêt ont été resserrées, les banques exigeaient davantage d’apport personnel notamment.. Les notaires ont vu quelques dossiers d’acheteurs bloqués, et si cela reste à la marge, cela ne s’était jamais vu auparavant.

Le Haut Conseil de stabilité financière a revu fin 2020 ces critères restrictifs, relevant l’endettement maximal à 35 %, et élargissant la durée maximale d’emprunt de 25 à 27 ans. L’année 2020 s’est achevée également sur une nouvelle baisse des taux. Il serait donc plus aisé de décrocher un crédit immobilier en 2021.