Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Petite promenade de santé au Thabor

Depuis deux mois maintenant, pour cause de pandémie et de confinement, les Rennais sont privés du jardin du Thabor. Le printemps a eu raison de l’hiver, le jardin a repris des couleurs. Pour les promeneurs, quelques jours de patience encore. En attendant, imaginons le retour au jardin. Les hauts murs de schiste violet, le long de la rue de la Palestine, ruissellent de glycines. La grille grince un peu, grippée par le manque d’exercice. Enfin elle s’entrouvre. Quel bonheur ! Dans la roseraie, les premières roses ont éclos et exhalent leur parfum, que de couleurs, de nuances ! Vénus, en sentinelle dans le petit labyrinthe de sable jaune, a bien veillé sur elles. Au loin, les toits de tuiles orangées du collège Saint-Vincent donnent un petit air d’Italie.

Le jardin botanique avec ses allées concentriques invite à partir à la recherche du plant de papyrus, de la feuille d’acanthe, des plantes médicinales. Une allée un peu raide et nous voici sous les ombrages des chênes, juste avant de gagner les serres exposées plein sud. Le regard embrasse les parterres à la française, et en contrebas, les prairies vallonnées et les grand arbres du jardin à l’anglaise : les séquoias d’Amérique, près de la volière, plantés il y a près de 150 ans, le tulipier de Virginie, les cèdres du Liban… Un petit détour par le kiosque pour relire les noms de musiciens :

Mozart, Beethoven, Gounod, Leo Delibe, revivre leur musique. Avant de gagner la volière, d’entendre les coqs et les paons, d’admirer le plumage des faisans dorés, de s’amuser de la crête ébouriffée des poules de Chine. Il est temps maintenant de se diriger vers la grotte, toujours à l’abandon, envahie par le lierre. On se remémore les petits chemins d’eau entre les grosses pierres plates du sol, les parois rugueuses, la noirceur de l’ombre et l’envie de vite retrouver la lumière.

Cascade du Thabor. © Samuel de Carné

Le jardin botanique avec ses allées concentriques invite à partir à la recherche du plant de papyrus, de la feuille d’acanthe, des plantes médicinales. Une allée un peu raide et nous voici sous les ombrages des chênes, juste avant de gagner les serres exposées plein sud. Le regard embrasse les parterres à la française, et en contrebas, les prairies vallonnées et les grand arbres du jardin à l’anglaise : les séquoias d’Amérique, près de la volière, plantés il y a près de 150 ans, le tulipier de Virginie, les cèdres du Liban… Un petit détour par le kiosque pour relire les noms de musiciens :

Mozart, Beethoven, Gounod, Leo Delibe, revivre leur musique. Avant de gagner la volière, d’entendre les coqs et les paons, d’admirer le plumage des faisans dorés, de s’amuser de la crête ébouriffée des poules de Chine. Il est temps maintenant de se diriger vers la grotte, toujours à l’abandon, envahie par le lierre. On se remémore les petits chemins d’eau entre les grosses pierres plates du sol, les parois rugueuses, la noirceur de l’ombre et l’envie de vite retrouver la lumière.

Majestueux, le grand noisetier de Byzance étend ses feuillages. Un écureuil fait de la voltige. La

Roseraie

cascade fait entendre son murmure. En haut, le petit pont de bois. Pour l’atteindre et franchir le gouffre, il faut emprunter l’une ou l’autre des volées de l’escalier ombragé d’aucubas et d’arbres vénérables. L’un d’eux manque à l’appel, déraciné par les pluies quelques semaines avant le confinement. La petite mare fait toujours le bonheur des canards mais point de promeneur pour les rassasier. La colonne Vanneau-Papu se dessine déjà, couronnée par la figure de la Liberté, lance à la main. Le Carré Dugusclin est bien vert mais pas rasé de près. Les marronniers seront bientôt en fleurs, juste avant d’arriver à l’église Saint-Melaine dont les parterres sont très frais, près de la grille dont le dessin est emprunté à celles du Parc Monceau à Paris. La cloche retentit, une échappée vers le cloître avant de retrouver l’Enfer, les talus plantés de rhododendrons, les deux allées de chênes. Pas d’arrêt à la buvette, elle est encore fermée pour quelque temps…

Les serres mériteraient de retrouver leur architecture d’antan comme les avaient conçues Martenot au Second Empire de concert avec les frères Buhler. Les orangeries sont intactes avec leur belles colonnes annelées, leur décor de médaillons sculptés. Tous les grands botanistes sont là : Jussieu (1699-1777) qui rapporta dans son chapeau le premier plant de cèdre du Liban en 1734, Candolle (1806-1893), à l’origine des lois de la nomenclature botanique et tant d’autres. Remercions les de toutes les belles plantes qui font l’ornement de nos jardins. Mais la promenade touche à sa fin: « déplacement bref dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre » dit l’attestation dérogatoire. Bientôt, on l’espère, ce ne sera plus qu’un mauvais souvenir.