Couverture du journal du 07/06/2024 Le nouveau magazine

Électro-Standard. Un bilan carbone à revoir d’urgence

Maud Hervé est à la tête d’Électro-Standard, dont le siège est à Pluneret (56). Spécialisée dans la maintenance électronique des chauffe-eau, climatiseurs, matériels médicaux… depuis 1989, la société se trouve confrontée à la gestion des déchets électroniques et déplore le manque de filières structurées.

Maud Hervé, dirigeante d'Electro-standard, avec son fils, Fabien, en charge d'"inventer" une filière de recyclage des déchets électroniques©7J-DB

« Si demain, je devais faire mon bilan carbone, il serait très mauvais, regrette amèrement Maud Hervé, présidente d’Électro-Standard. Dans notre activité, nous générons beaucoup de déchets électroniques car tout n’est malheureusement pas réparable. Mais ce volume augmente considérablement et les filières de retraitement ne sont pas encore efficientes. »

Présidente de l’UIMM 35/56, également investie à la CCI du Morbihan (délégation d’Auray), Maud Hervé compte faire entendre sa voix et accélérer la réflexion sur le recyclage de ces produits électroniques, si particuliers.

Le neuf toujours moins cher que la réparation

Électro-standard (46 salariés et un chiffre d’affaires de trois millions d’euros) compte quatre sites : Pluneret, Landévant, Rennes et Nantes. Maud Hervé a pris la direction en 2004 et ne cesse, depuis, de tendre vers un modèle plus durable. « Dans la maintenance électronique, nous subissons une forte contrainte des prix, dit-elle. Quand une carte électronique coûte moins cher neuve que si on la répare, ce sont des déchets en plus, explique la dirigeante. Et ces déchets se retrouvent dans nos ateliers ! »

300 kg de cartes électroniques à jeter par semaine

Même si les mentalités évoluent pour privilégier les réparations, l’indice de réparabilité n’existe toujours pas dans l’industrie. La demande en produits électroniques reste forte et Maud Hervé constate que ses poubelles ne désemplissent pas. « Nous avons 300 kg de cartes électroniques chaque semaine dans nos bacs, dit la gérante. Nous ne savons que faire de certains déchets. Si nous en vendons une partie à la tonne, les plastiques qui ont été en contact avec de l’électronique sont notamment considérés comme souillés. Que peut-on en faire ? Il faut absolument travailler cette question. »

Inventer une filière ad hoc

Lasse de conserver les déchets de ses clients sans qu’ils ne puissent être valorisés, Maud Hervé a missionné son fils, Fabien, pour travailler la question. « C’est lui qui est à l’initiative de ce chantier, dit fièrement Maud Hervé. Comme toute cette nouvelle génération, il ne peut pas rester sans rien faire devant ces déchets qui s’accumulent. Il est fortement impliqué et veut absolument faire mieux. »

 

Son objectif à court terme : trouver une méthode permettant un recyclage le plus complet possible et une valorisation écologique de ces produits électroniques qui ne sont réparés aujourd’hui qu’aux deux tiers.