GRAND FORMAT. À Rennes, la PME informatique Provectio vise la cour des grands

Dans un secteur où la consolidation s’accélère, Provectio a su s’imposer sur plus de deux décennies comme l’un des managed services providers (MSP) de référence dans le Grand Ouest et au-delà. Adossée au fonds Generis Capital Partners depuis 2024, la PME rennaise est en passe de franchir le seuil des 10 millions de chiffre d’affaires et compte 700 clients récurrents dans cinq régions. Maxime Charlès, cofondateur et CEO, ne manque pas d’ambition pour rendre la technologie toujours plus accessible aux dirigeants et à refuser un tout automatique déshumanisé.

Maxime Charlès, cofondateur et CEO de Provectio. © 7 Jours / Michaël Bechu

Sur un marché des services informatiques que la consolidation redistribue à vitesse grand V, Provectio revendique encore son ADN d’acteur régional de proximité, tout en affichant désormais des ambitions nationales. Créée en 2004 et cofondée par Maxime Charlès, la PME est devenue l’un des acteurs qui comptent dans l’informatique d’entreprise et s’étend désormais sur cinq régions : Île-de-France, Normandie, Centre-Val de Loire, Pays de la Loire et Bretagne, naturellement. À ce jour, quarante collaborateurs sont présents au siège rennais, cinquante au total en comptant les agences de Tours, Caen, Nantes et Saint-Brieuc. Cinq métiers structurent aujourd’hui son activité : infrastructure, cybersécurité, cloud, télécommunications et infogérance/centre de services.

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Entretenu par l’entrée d’un fonds d’investissement et par une politique de croissance externe, le modèle, bâti sur l’abonnement, est présenté aux clients comme un guichet unique pris en charge par une équipe de techniciens. Le patron, grande figure charismatique aux faux airs de Jony Ive (ancien designer chez Apple), ajoute une exigence qui peut paraître à contre-courant du secteur : l’humain.

Un secteur stratégique qui se reconfigure

L’informatique de service est un navire secoué par d’importantes vagues. Le sujet de la cybersécurité s’est imposé dans l’agenda des dirigeants après une demande du gouvernement, afin de renforcer la protection des TPE/PME du territoire avant les Jeux olympiques de 2024. Il est même devenu crucial, après les importants piratages du fisc ou encore de l’Éducation nationale, survenus l’été dernier et révélant une situation alarmante. Longtemps abstraite, la souveraineté numérique est devenue un critère de choix pour les entreprises qui hébergent leurs données.

Cela, alors que l’IA monopolise les ressources matérielles disponibles, faisant exploser les prix des composants : « L’intelligence artificielle mange toutes les ressources. Les ordinateurs à 400 euros, c’est fini », prévient Maxime Charlès, l’air grave. Les entreprises qui n’ont pas basculé vers un modèle récurrent ou davantage de services voient leur activité de négoce reculer.

Les groupes indépendants se raréfient

À marche forcée, le secteur se réorganise. Ainsi, les groupes indépendants se raréfient, absorbés par de plus gros poissons. Tant que les 20 millions de CA ne sont pas dépassés, Provectio ne se voit pas changer de niveau. Mais pour suivre le rythme, l’entreprise a ouvert son capital au fonds parisien Generis Capital Partners en 2024, dans le cadre d’une opération de 3,5 millions d’euros. La partition est bien écrite : accompagner un projet de croissance externe pour accompagner son changement d’échelle. L’élément déclencheur remonte à la sortie de la crise Covid, mal vécue par le chef d’entreprise : « Je me suis dit que je risquais 100 % de ce que j’avais, il fallait passer à un autre sch

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