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AGENDA. Matilda veut remettre les femmes de la tech au centre du jeu

Adossée au festival La Flûme enchantée, la première conférence Matilda se tiendra le 11 septembre 2026, à Gévezé (35). Porté par Charlotte Hautbois, directrice conseil chez KERA Groupe, et Herri Heas, cofondateur de l’ESN rennaise Fellows, ce nouveau rendez-vous veut interroger la place encore marginale des femmes dans la tech, le numérique et les sciences.

La première conférence Matilda se tiendra le 11 septembre 2026, à Gévezé (35).

La première conférence Matilda se tiendra le 11 septembre 2026, à Gévezé (35). © Matilda

Le numérique apparaît comme un secteur ouvert et tourné vers l’avenir, mais dans les écoles, les entreprises, les laboratoires ou les start-up, les femmes y restent encore trop peu nombreuses. Elles sont moins représentées dans les métiers techniques et encore trop rares aux postes où se décident les grandes orientations. C’est ce décalage, entre les promesses d’un secteur et la réalité des chiffres, que veut mettre en lumière la conférence Matilda.

La première édition de cette conférence se déroulera le 11 septembre 2026, de 14 heures à 18 heures, à Gévezé, près de Rennes, dans le cadre du festival La Flûme enchantée. Porté notamment par Charlotte Hautbois, directrice conseil chez KERA Groupe, et Herri Heas, cofondateur de l’ESN rennaise Fellows, l’événement entend donner une visibilité à celles qui œuvrent dans les sciences, la tech ou encore le numérique. Le nom fait référence à “l’effet Matilda”, cette notion qui désigne l’invisibilisation des femmes scientifiques dans l’histoire.

La conférence, limitée à 300 places, prendra la forme d’un après-midi mêlant prises de parole, tables rondes et retours d’expérience. Parmi les têtes d’affiche figure Anne-Marie Kermarrec, informaticienne rennaise, membre de l’Académie des sciences depuis 2025, professeure associée à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et fondatrice de Mediego. Corinne Hirsch, dirigeante du cabinet de conseil AEQUISO, et Audrey Ballu-Gougeon, avocate au barreau de Rennes et ambassadrice égalité, complèteront cette première programmation.

Un rendez-vous pensé pour les décideurs

Les organisateurs ciblent d’abord les dirigeants, DRH, managers, banques, acteurs institutionnels et entreprises du territoire. « L’idée n’est pas de se confronter à un entre-soi militant. Ce que je veux, c’est semer des petites graines auprès des dirigeants, des managers et des DRH », explique Charlotte Hautbois. Cette dernière rappelle qu’au lycée, seules 3 % des filles choisissent la spécialité numérique et sciences informatiques en première. Parmi celles qui franchissent ce premier seuil, beaucoup disparaissent ensuite des parcours supérieurs en informatique : leur part serait passée de 37 % à 10 % entre 1985 et 2020. En cycle ingénieur, les femmes ne représentent plus que 17 % des étudiants. Le phénomène ne s’arrête pas au diplôme. Une fois entrées dans le secteur, elles n’y restent pas toujours : 50 % des femmes quitteraient la tech avant 35 ans.

Chez Fellows, le sujet s’est imposé de lui-même. L’ESN rennaise compte aujourd’hui 20 salariés, dont deux femmes. « Quand nous avons lancé Fellows, notre idéal était de recruter de manière inclusive, à parité. Nous nous sommes rendu compte qu’il était extrêmement compliqué de recruter des femmes alors que nous en avions l’intention », regrette Herri Heas. L’intelligence artificielle donnera aussi de la matière aux échanges. Pour les organisateurs, l’IA pourrait prolonger les déséquilibres déjà observés dans la tech. Si les femmes sont peu nombreuses dans les formations, les laboratoires et les équipes de développement, elles le sont aussi dans les entreprises qui proposent ces nouveaux outils numériques. Avec un risque supplémentaire, celui de voir des modèles d’IA entraînés par des profils peu diversifiés qui pourraient accentuer des biais déjà présents dans le numérique.

Avec Matilda, Charlotte Hautbois et Herri Heas veulent donc ouvrir un rendez-vous appelé à revenir chaque année. Cette première édition devrait servir de point de départ avant une possible montée en puissance vers une journée complète. Elle s’inscrit dans le cadre de La Flûme enchantée, festival organisé à Gévezé, qui revendique 20 000 festivaliers par soir et plus de 140 000 € de dons depuis sa création au profit de personnes en situation de handicap.

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