Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Banque de France en Bretagne : 12 md€ de plus en réserve (particuliers et entreprises)

L’impact de la crise sanitaire n’a de cesse de faire émerger des chiffres et données. Difficile toutefois de prédire un avenir, toujours lié à l’évolution du contexte sanitaire incertain. Selon la CCI Bretagne, « les chefs d’entreprise bretons conservent un optimisme modéré ». D’autant que le passif des entreprises en banque reste élevé, il a progressé de 6 milliards d’euros en 10 mois.

François Bareau, directeur régional relations institutionnelles études projets CCI Bretagne, Éric Lesage, directeur régional Insee, Hervé Mattei, directeur régional Banque de France. © LM - 7J

Tous les observateurs, INSEE, Banque de France, CCI, s’accordent sur la crainte de voir accélérer les défaillances d’entreprises fin 2020 et début 2021, avec la fin des moratoires fiscaux et sociaux, ou l’échéance des reports de prêts de 6 mois. Mais certaines entreprises ont bien passer le gué de la crise économique, et certaines en ont encore sous le pied, avec un matelas de ressources en banque.

Impact hétérogène

« Après une chute d’activité générale de 30 % au second trimestre, la remontée a été progressive en septembre, et atteindra 95 % en fin d’année », indique Éric Lesage, directeur régional de l’Insee. « C’est une moyenne, ce ne sera pas le cas pour des secteurs plus touchés comme l’hôtellerie restauration, le transport, les activités culturelles et l’événementiel… L’impact est hétérogène. Les entreprises à l’export sont aussi touchées. Et les derniers 5 % pour atteindre 100 % d’activité vont nécessiter plus de temps ».

2/3 des PGE encore en réserve

Concernant le passif en banque, notamment les dépôts collectés, le directeur la banque de France en Bretagne indique des chiffres éloquents : ils sont passés de 16 milliards à 22 milliards d’euros, entre janvier et octobre 2020, soit 6 milliards de plus.

Source : Banque de France en Bretagne, Insee, CCI Bretagne.

 

« Une partie des prêts est encore en trésorerie », indique Hervé Mattei le directeur régional de la Banque de France en Bretagne. « Les 4,5 Md€ accordés par exemple au titre du PGE aux 23 200 entreprises bretonnes, ne sont pas tous dépensés. À fin septembre, 1/3 de ces prêts a été utilisé et 2/3 sont encore en réserve. À cela s’ajoute la prudence des entreprises dans leur gestion, ou encore les reports de charges. »

Par ailleurs, ce sont 6 milliards d’euros de plus qui dorment également sur les comptes épargnes des particuliers bretons (de 48 milliards d’euros en janvier 2020 à 54 milliards d’euros en octobre), « de l’argent qui pourraient être dépensé, ou utilisé au financement des entreprises. »

 


Les trois institutions ont tenu un webinaire commun, sur la conjoncture et les impacts économiques de la crise sanitaire. Suivie par près de 400 personnes, cette première conférence à distance a permis à des patrons d’entreprises et financiers de suivre les échanges à l’autre bout de la Bretagne.