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Bretagne : +16 300 emplois en un an

L’économie bretonne reste stable, indique la dernière étude de l’Insee Bretagne. Pour autant, en 2023 dans un contexte national inflationniste, elle apparaît un peu moins dynamique qu’en 2022. La hausse du chiffre d’affaires des entreprises est moins marquée, quels que soient les secteurs. La Bretagne affiche tout de même la plus forte hausse de l’emploi salarié des régions métropolitaines, avec 16 300 emplois créés en un an.

la Bretagne affiche la plus forte hausse de l’emploi salarié des régions métropolitaines.

la Bretagne affiche la plus forte hausse de l’emploi salarié des régions métropolitaines. ©DR

  • Avec 16 300 emplois créés en un an, la Bretagne affiche la plus forte hausse de l’emploi salarié des régions métropolitaines. Fin décembre 2023, la région compte 1 325 000 emplois salariés. Entre fin 2022 et fin 2023, l’emploi salarié progresse deux fois plus vite en Bretagne qu’au niveau national : +1,2 % contre +0,6 %. Il progresse dans chacun des quatre départements bretons, mais l’Ille-et-Vilaine porte à elle seule plus de la moitié des créations nettes d’emplois. Le tertiaire non marchand apparaît comme le principal moteur de la croissance, avec 9 100 emplois créés dans la région, devant le tertiaire marchand (+6 400).
  • Dans tous les grands secteurs d’activité, la hausse du chiffre d’affaires est moindre que l’année précédente : +5,2 % en 2023 contre +14,5 % en 2022 dans l’industrie ; +4,5 % contre +8,2 % dans les services marchands ;  +3,8 % contre +7,4 % dans la construction. Par ailleurs, l’augmentation de l’activité est moins marquée qu’en 2022, mais reste supérieure à 2021.
  • Après un déficit de -3,2 milliards d’euros en 2022, le solde commercial s’améliore en 2023 (-2,3 milliards), en lien avec la diminution des importations (15,0 milliards) tandis que les exportations stagnent (12,7 milliards). Ainsi, en 2023, les échanges extérieurs de la Région représentent 2,2 % des exportations françaises et 2,1 % des importations. Le premier poste excédentaire reste celui des produits des industries agroalimentaires. Comme les années précédentes, l’Union européenne – avec l’Allemagne et l’Espagne en tête – représente de très loin la première zone d’échanges hors de France pour la Bretagne.
  • Le secteur du tourisme reste dynamique, due à une offre haut de gamme en progression de plus de 8 % en 2023, hôtels et campings 4-5 étoiles. En 2023, la fréquentation touristique atteint 26,5 millions de nuitées (en augmentation). Le nombre de touristes en provenance de l’étranger est en nette augmentation, quel que soit le mode d’hébergement.
  • Nouveau point de l’étude, la couverture énergétique de la Bretagne s’améliore. En 2023, la région couvre presque un tiers de sa consommation électrique, contre moins de 15 % en 2015. L’augmentation notable de la couverture énergétique sur cette période résulte d’une production électrique en forte hausse et d’une consommation en légère baisse.

En 2023, 38 600 entreprises ont été créées en Bretagne, soit 500 de moins qu’en 2022. ©Insee Bretagne

Des points de fragilité

  • Le marché du travail se dégrade : le taux de chômage est en hausse en Bretagne (+0,4 point sur un an), à 6,1 % de la population active fin 2023, inférieur au niveau national (7,5 %). Le territoire reste cependant le deuxième plus faible des régions françaises, après celui des Pays de la Loire. Cette hausse est par ailleurs très marquée parmi les jeunes, (+5,0 %).
  • Les créations d’entreprises sont, elles aussi, en recul. En 2023, 38 600 entreprises ont été créées en Bretagne, soit 500 de moins qu’en 2022. Après sept années consécutives de hausse, phénomène particulièrement observé pour les immatriculations des sociétés et entreprises individuelles, avec respectivement -10,9 % et -13,9 %. Les immatriculations de micro-entrepreneurs augmentent quant à elles de 7,1 % en 2023. Les défaillances d’entreprises sont en forte augmentation pour la deuxième année consécutive (+34,0 % après +61,1 %), en lien avec l’arrêt progressif des mesures de soutien aux entreprises après le Covid.
  • La conjoncture est très dégradée dans la construction en 2023, les autorisations de construction de logements neufs poursuivent leur chute amorcée en 2022, passant sous le seuil des 25 000 en 2023. Les mises en chantier de logements dans la région se replient également fortement en 2023 (-25,6 %).