Couverture du journal du 23/09/2022 Consulter le journal

Début d’incertitudes pour l’économie bretonne

Les chefs d’entreprise bretons, par le biais d’une enquête de la CCIR, Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne, révèlent des perspectives économiques plus incertaines en ce début 2022. Les causes sont multiples, parmi elles, la pénurie de matières premières, l’augmentation des délais d’approvisionnement, la hausse des prix de l’énergie, et la carence de main-d’œuvre.

Jean-Pierre Rivery, président de la CCI de Bretagne, économie

Jean-Pierre Rivery, président de la CCI de Bretagne ©Shutterstock et ©LM-7J

Les 2 000 dirigeants d’entreprises bretonnes ayant répondu à l’enquête de la CCI de Bretagne, révèlent une croissance continue et soutenue fin 2021, avec des indicateurs économiques aux beaux fixes (4 indicateurs sondés : chiffre d’affaires, rentabilité, investissements, emplois). Néanmoins, les perspectives pour 2022 sont moins optimistes.

« Les difficultés s’accumulent » indique Jean-Pierre Rivery, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bretagne. « Cela s’assombrit pour certains secteurs. Et pourtant les carnets de commandes sont pleins ! Mais au problème de disponibilité de matériaux, s’ajoutent les problèmes de recrutement ou de comportement de salariés qui ne reviennent pas du jour au lendemain, et les surcoûts en énergie qui peuvent atteindre +20, +30%. Tout cela a un impact direct sur la rentabilité. J’ai eu écho d’une entreprise qui a préféré arrêter pendant un temps une ligne de production, car cela n’était pas rentable avec le surcoût énergétique. »

Les perspectives à 6 mois

L’indice de confiance en l’avenir baisse en ce début d’année, et de manière plus flagrante encore chez les commerçants, particulièrement exposés aux protocoles sanitaires contraignants, et subissant les évolutions des comportements d’achats sur internet. À peine plus d’un commerçant sur 10 envisage une hausse de son chiffre d’affaires au premier semestre 2022. De même si l’investissement avait progressé au dernier semestre 2021 (notamment dans l’industrie), 20% des chefs d’entreprise prédisent une baisse de leurs investissements ces 6 premiers mois 2022. Et fin décembre 2021, une entreprise interrogée sur 2 disait être touchée par des   difficultés   d’approvisionnement.

« Répercuter l’augmentation des coûts des matières premières et de l’approvisionnement auprès des clients est une solution : plus de 80% des chefs d’entreprise l’on fait ou envisagent de le faire. Mais c’est délicat, on s’en rend compte avec la polémique sur le prix de la baguette de pain actuellement ! »

Le salarié au cœur de l’entreprise

« 8 fois sur 10, les difficultés de recrutement réduisent l’activité économique. Il y a plusieurs sujets : il y a les salariés qui ne se présentent pas à leur travail du jour au lendemain, car cela n’est pas forcément rentable de venir travailler, et c’est un problème ! Et en ce début d’année il y a aussi l’absentéisme dû au variant omicron et à l’organisation familiale. Cela impacte les organisations internes des entreprises, les délais de livraison, etc. À cela s’ajoutent les discussions et promesses de toute part des candidats à l’élection présidentielle pour la revalorisation des salaires. Tout cela ajoute de l’incertitude sur les capacités à rester rentable pour une entreprise. »