Couverture du journal du 30/09/2022 Consulter le journal

Des autotests pour désengorger les pharmacies

Les pharmacies sont saturées, en témoignent les files d’attente interminables devant les officines. Le nombre très élevé de contaminations quotidiennes et le protocole en vigueur pour les cas contact font exploser le nombre de personnes à tester. Pour désengorger les lieux de dépistage, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la possibilité de ne plus faire de tests PCR pour les élèves en cas contact, mais « juste » trois autotests.

Pharmacie

©LM-7J

Cette nouvelle devrait soulager les pharmaciens qui font face à un raz-de-marée de demandes de tests antigéniques depuis plusieurs semaines. Car malgré l’ouverture de nouveaux centres de dépistage éphémères, les officines sont saturées. Alors l’abandon de l’obligation du test PCR ou antigénique pour les enfants cas contact devrait désengorger les pharmacies et faciliter la vie des parents. Mais le président du conseil régional de l’ordre des pharmaciens de Bretagne, Jean-François Guillerm, prévient « Cela sera efficace si, et seulement si, nous sommes livrés en quantité suffisante d’autotests. Jusqu’ici, les pharmaciens devaient s’approvisionner par leurs propres moyens et ils rencontraient des difficultés incontestables. On nous annonce que cela devrait changer dans les jours à venir, on attend de voir. »

 On est au bord de la rupture en ce qui concerne le dépistage

Car aujourd’hui les pharmacies sont submergées par les demandes de dépistage à la fois pour des gens qui sont symptomatiques, à la fois par des demandes de cas contact, conséquence de la vague Omicron et la politique de dépistage massif engagée par le gouvernement. Les tests dits de complaisance pour se rendre au cinéma ou encore au restaurant (valable jusqu’au passage au pass vaccinal qui devrait avoir lieu le 17 janvier) ne représenteraient qu’une infime partie des demandes d’après Jean-François Guillerm « Le quotidien ce sont les cas contact dans les écoles, collèges et lycées, dans les entreprises et les symptomatiques. 

Depuis le 3 janvier, plus d’un test sur 4 concerne les enfants

Entre le 31 décembre 2021 et le 6 janvier 2022, près de 9,5 millions de tests ont été réalisés en France dont 2,86 millions de tests PCR et 6,65 millions de tests antigéniques. Lors des précédents pics, on comptait plus de 3 millions de tests réalisés par semaine en décembre 2020 et 5,9 millions en août 2021. Depuis le 3 janvier, plus d’un test sur 4 concerne les enfants. S’agissant des réserves d’autotests, le ministère de la Santé se veut rassurant « au 7 janvier, on compte, selon des sondages réalisés auprès des pharmaciens, 6 millions d’autotests en stock dans les pharmacies. Les pharmaciens indiquent en outre des commandes pour la semaine du 10 janvier à hauteur de 11 millions d’autotests. Les fabricants sondés indiquent par ailleurs un capacitaire disponible de 27,5 millions, dont 14,5 millions pour la semaine du 10 janvier ».

Les protocoles dans les établissements scolaires vont être simplifiés

L’objectif est de laisser au maximum les écoles ouvertes :

  • Lorsqu’un cas positif sera détecté dans une classe, il ne sera plus demandé aux parents de venir chercher leur enfant immédiatement, ils pourront attendre la sortie scolaire.
  • Lorsqu’un cas positif sera détecté dans une classe, les enfants pourront recourir à 3 autotests (au lieu d’un test PCR suivi de deux autotests) gratuits.
  • Enfin, il ne sera plus demandé aux parents de produire une attestation après chaque autotest : une unique attestation sera demandée.

Côté vaccination, les pharmacies la proposant ne rencontrent pas de difficultés d’approvisionnement, et la demande en primo-vaccination augmente « on accède assez facilement soit à du Moderna soit à du Pfizer qui est privilégié pour les adultes de moins de trente ans, c’est la règle qu’on nous donne. On est livré convenablement et on peut assurer la vaccination de la population et répondre à la demande », précise le président du conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

Le changement de protocole sera efficace si, et seulement si, nous sommes livrés en quantité suffisante d’autotests

En revanche, ce qui manque aux pharmaciens ce sont des bras ! « Depuis quelque temps déjà, nous rencontrons des difficultés pour recruter du personnel alors que l’augmentation de la fréquentation dans nos officines nécessiterait du renfort. Il n’y a pas de chômage dans notre profession! » Mais les pharmaciens tiennent le choc pour l’instant « On assure toujours le même niveau de service qu’auparavant, nous prenons sur notre énergie personnelle pour assurer cela. »