Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Entretien avec Alix Lequime : « les commerçants amènent la vie dans nos villes »

Alix Lequime, directrice de l’association de commerçants le Carré Rennais, s’est donnée pour mission de rendre nos « Rues Vivantes » et d’assurer la mise en lumière des hommes et des femmes qui animent le centre-ville chaque jour.

Carré Rennais, association des commerçants de Rennes, Alix Lequime

Alix Lequime © Gaëlle Bizeul

Comment vont les commerçants rennais ?

 À la sortie du confinement, la reprise s’est plutôt bien passée pour nos commerçants. Les clients ont joué le jeu et sont revenus en centre-ville. Mais le climat reste anxiogène, avec un avenir incertain et beaucoup de questions. Un mois de passé c’est un mois de gagné. Les commerçants doivent composer avec cela, se réinventer…

Un mois de passé c’est un mois de gagné

Au Carré Rennais, quelles sont vos missions ?

 Valoriser le commerce de centre-ville ! Nous travaillons à créer du flux, à faire venir et revenir les clients. Cela passe par des actions, de l’évènementiel. Nous sommes convaincus que le dynamisme et l’attractivité du centre-ville passent par le commerce et qu’il est possible d’avoir des rues vivantes dans le respect des règles sanitaires. Nous avons également la mission de créer du lien entre les commerçants, d’animer le réseau. Briser l’isolement de nos adhérents est d’ailleurs un point particulièrement important en ce moment. Nous proposons des cafés-échanges, des visios sur différentes thématiques.

Nous sommes convaincus que le dynamisme et l’attractivité du centre-ville passent par le commerce

À votre arrivée au Carré Rennais, vous avez mis en place « Rues Vivantes ». De quoi s’agit-il ?

Nous souhaitions créer un évènement totalement dédié aux commerçants du centre-ville, ce qui n’est pas le cas de la Grande Braderie, animation historique du Carré Rennais qui accueille également des camelots. Rues Vivantes, c’est une journée où les commerçants peuvent déstocker, mais également montrer leur savoir-faire à travers des animations. L’idée de Rues Vivantes s’est imposée l’année dernière à l’occasion du week-end zen de septembre. Nous avons choisi de maintenir l’évènement cette année en assurant un protocole sanitaire strict. Pour ceux qui ont joué le jeu, le bilan s’est avéré extrêmement positif. Un commerçant m’a remonté avoir fait son meilleur chiffre depuis deux ans, meilleur qu’avant Noël. Et puis les clients avaient le sourire, ça fait du bien !

 

Pour assurer les animations du centre-ville, vous travaillez avec de nombreux partenaires. Pouvez-vous nous parler de votre récente collaboration avec le musée des Beaux-Arts ?

L’idée est partie d’une rencontre exceptionnelle avec Guillaume Kazerouni, le conservateur du musée des Beaux-Arts. L’idée était de créer un parcours ESOP (ndlr : Et si on parlait d’art) invitant les commerçants au sein de la collection permanente du musée et vice-versa. 34 adhérents du Carré Rennais ont ainsi pu choisir une œuvre résonnant avec leur commerce et exposer sa reproduction dans leur vitrine. De même, au musée, nous retrouvions un petit texte du commerçant concerné à côté de chaque œuvre du parcours expliquant les raisons de son choix. Notre rôle c’est de mettre en lumière le commerce, de créer du lien, de faire vivre notre centre-ville et ses acteurs par des animations originales.

 

Noël est un moment incontournable pour les commerçants. Que prévoyez-vous pour cette année… hors norme ?

Nous avons retenu une thématique sur la lumière et la féérie avec des déambulations dans le centre-ville, des calèches, des magiciens… Nous souhaitons amener du positif et de la poésie.

Une belle nouveauté cette année sera la présence d’une grande parade avec des ours de lumière de 4 mètres de haut qui déambuleront dans le centre-ville. Le 18 décembre, une nocturne sera proposée à l’issue de la grande parade. Les commerçants pourront accueillir leurs clients jusqu’à 20h30. Bien sûr toutes ces animations se feront dans le plus strict respect des règles sanitaires.

 

L’accès au centre-ville en voiture est restreint depuis cet été. Est-ce une difficulté supplémentaire ?

Nous ne sommes pas là pour rejeter la stratégie de la ville, mais rappeler l’importance de la concertation avec les commerçants et la nécessité d’accompagner les transitions. La ville doit penser aux commerces et rendre accessible son centre avec des solutions comme les parkings relais, les navettes… Notre présidente Laurence Taillandier mène ce combat au quotidien auprès des institutions.

 

Quid de la sécurité ?

 C’est un sujet dans toutes les grandes métropoles. Nous faisons partie d’un réseau qui s’appelle la CAMF (Commerces et Artisans des Métropoles de France). Le réseau a été créé il y a un an et regroupe 17 métropoles comme Bordeaux, Lille, Toulouse, Lyon, Nantes… Nous échangeons toutes les semaines pour faire état de ce qui se passe dans nos villes et la sécurité est un sujet commun. Tous remontent une nette dégradation de la sécurité depuis le déconfinement, constat que nous avons transmis aux institutions concernées.

 

Quels sont vos objectifs pour les mois à venir ?

Nous souhaitons mettre en place des services personnalisés pour nos adhérents. La crise a particulièrement révélé la nécessité pour les marchands de prendre le virage du numérique. Nous allons proposer un parcours digital adapté en fonction du degré de maturité numérique du commerçant. Nous travaillons en concertation avec l’Union du commerce, la CCI et Rennes Métropole. Un autre gros dossier est le soutien à la transition écologique et énergétique de nos adhérents, en lien avec l’ADEME. Enfin nous allons accentuer notre rôle d’interlocuteur privilégié pour répondre aux diverses questions que se posent nos adhérents, sur des aspects juridiques par exemple.

Qui vient dans une ville sans se faire un resto, une virée shopping ou boire un verre ?

Comment imaginez-vous l’avenir ?

Nous avons eu notre assemblée générale il y a quelques jours. Le message de Laurence Taillandier est de rester positif malgré la tempête ! Un propos illustré par l’intervention du skipper Gilles Lamiré qui a partagé avec nous sa propre expérience de marin confronté aux avaries et coups de vent.

 


Alix Lequime, 33 ans, Directrice de l’association de commerçants le Carré Rennais

« Nous pouvons avoir une ville avec de beaux immeubles, de beaux jardins, mais sans commerçants, les rues seraient vraiment tristes… Qui vient dans une ville sans se faire un resto, une virée shopping ou boire un verre ? Les commerçants amènent la vie dans nos villes. » Alix Lequime aime les commerçants et s’investit pleinement depuis un an et demi pour les mettre en lumière à travers des animations et même un journal dédié baptisé « Joco » dont le premier exemplaire a été diffusé à 45 000 exemplaires. Elle veut faire du Carré Rennais une marque à l’identité forte « qui crée des évènements incontournables » et « apporte des services de qualité aux adhérents ». Un investissement auprès des commerçants qui a débuté chez Precom, la régie publicitaire du groupe Ouest-France. Alors qu’elle gère un portefeuille clients de commerces du centre-ville « dont le Carré Rennais », elle réalise en parallèle un journal « Portraits » mettant en lumière les personnalités emblématiques du commerce rennais. Une initiative qui l’amène à rencontrer Laurence Taillandier, présidente du Carré Rennais.

 


Carré Rennais, association des commerçants de Rennes © Gaëlle Bizeul

Le Carré Rennais est une association loi 1901, qui regroupe les commerçants et les artisans de Rennes. Créée il y a plus de 15 ans, elle fédère plus particulièrement des magasins de centre-ville, agissant pour renforcer leur attractivité. L’association compte environ 400 adhérents. Les types d’activités sont très hétérogènes allant de grands magasins aux petits commerces, en passant par les artisans et la grande distribution, indépendants ou affiliés.