Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Hydrogène : la future fée électricité ?

Un colloque « Hydrogène et décarbonation » se tenait à Pontivy (56) fin octobre, orientant la piste de l’hydrogène comme l’opportunité pour décarboner l’industrie et les modes de transport. Les alternatives aux énergies fossiles et la diversité des sources d’approvisionnement en électricité sont d’une actualité brûlante dont tous les acteurs, privés comme publics s’emparent.

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16 intervenants et 80 spectateurs au colloque Hydrogène et décarbonation organisé en octobre dernier par Bretagne Développement Innovation et la CCI du Morbihan à Pontivy ©DB-7Jours

« Il faut absolument que les projets se fassent ! » Philippe Rouault n’hésite pas une seconde à mettre l’accent sur l’urgence de la situation. Dans l’amphithéâtre du Lycée du Gros Chêne à Pontivy à l’occasion du colloque « Hydrogène et décarbonation », le président de la CCI du Morbihan incite avec force industriels et collectivités à investir dans l’hydrogène.

Philippe des Robert (Bretagne Développement Innovation)

« C’est compliqué, c’est encore cher, mais on va y arriver » est une phrase qui est revenue plusieurs fois lors du colloque, souligne Philippe des Robert, chef de mission hydrogène renouvelable à Bretagne Développement Innovation (BDI). » La technologie de production d’hydrogène à partir d’électricité est vieille comme le moteur thermique, mais les énergies fossiles ont été plus fortes.
Et si l’hydrogène était le « game changer » dont nous avons aujourd’hui tant besoin ?

Enjeux européens…

« Investir seuls dans un marché si innovant peut être risqué pour les États membres ou les entreprises. C’est ici que les aides d’État ont un rôle à jouer, pour débloquer, attirer et mobiliser des investissements privés considérables qui, autrement, ne seraient pas réalisés, rappelle la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager,». En incitant les industriels à s’engager sur l’hydrogène, le Morbihan s’inscrit donc dans un mouvement puissant soutenu par l’Europe et le gouvernement français. 

« C’est compliqué, c’est encore cher, mais on va y arriver » Philippe des Robert (BDI)

Et nationaux, dans 7 régions

La Première ministre a rappelé que la stratégie hydrogène française c’est 9 milliards d’euros investis entre 2020 et 2030 et 100 000 à 150 000 emplois. Elle a aussi annoncé il y a quelques semaines 2,1 milliards d’euros de financement public consacrés au développement des 10 projets européens retenus dans l’Hexagone, en plus des 3,2 milliards d’euros d’investissements privés. Ces projets permettront la construction de quatre gigafactories d’électrolyseurs, la fabrication de piles à combustible, de réservoirs, des trains, des véhicules utilitaires à hydrogène… Ces sites industriels seront implantés dans sept régions et permettront de créer près de 5 200 emplois directs sur les territoires. « En Bretagne, et dans le Morbihan notamment, nous pouvons décarboner assez rapidement nos mobilités grâce à l’hydrogène, explique Philippe des Robert. Cette technologie ne connaît pas les mêmes contraintes ni les mêmes limites que les batteries électriques. En plus, c’est certainement une solution acceptable par le plus grand nombre. Il suffit de se lancer ! »

La fin du gâchis énergétique ?

L’hydrogène apporterait également une réponse cinglante aux détracteurs des panneaux solaires et autres éoliennes « qui produisent seulement quand on en a le moins besoin ». Avec l’hydrogène, fini le gâchis énergétique. En été, le surplus de production électrique pourrait produire de l’hydrogène, lequel serait stocké en attendant l’hiver puis retransformé en électricité en fonction des besoins réels. « C’est encore cher pour le moment, admet Philippe des Robert, mais les prix devraient très vite baisser si nous y allons tous. Même si nous sommes encore en période d’amorçage, je suis très optimiste au vu de l’accueil que nous recevons aujourd’hui. »