Les Trans Musicales sont nées en 1979. Comment définir aujourd’hui leur place dans le paysage des festivals ?
Erwan Gouadec. L’association organise les Rencontres Trans Musicales et gère aussi l’Ubu tout au long de l’année. Le festival reste marqué par sa capacité à rassembler massivement autour d’artistes émergents, parfois jamais vus en France ou en Europe. On peut avoir 4 000 ou 5 000 personnes devant un groupe qui n’a encore sorti aucun disque. C’est assez particulier, même à l’échelle européenne, et le festival attire environ 55 000 personnes par an. Cette histoire est jalonnée d’artistes devenus ensuite très connus : Nirvana a joué aux Trans en 1991, Portishead y a donné son tout premier concert, Daft Punk y est passé deux fois, Björk y a fait son premier concert solo. Plus récemment, Stromae y a donné son premier live avec des musiciens, et Zaho de Sagazan y a créé un spectacle.
Cette singularité est-elle indissociable de Rennes ?
E. G. Je dis souvent que les Trans ressemblent au territoire où elles se tiennent, mais que le territoire ressemble aussi aux Trans. Après presque cinquante ans, une part importante de la population rennaise a eu affaire au projet d’une manière ou d’une autre. On a participé à l’identité du territoire et on y est très implantés. L’Ubu s’inscrit dans cette continuité : nous le gérons depuis la fin des années 1980 et il sert à la fois de salle de concerts, de lieu de répétition et d’outil pour accompagner des artistes. Il peut accueillir un artiste avant les Trans, puis permettre de le revoir après. Sur cinq jours début décembre, on accueille quasiment autant d’artistes qu’à l’Ubu pendant tout le reste de l’année.
Jusqu’à 1 000 personnes sont mobilisées pendant le festival, dont environ 300 bénévoles
Combien de personnes faut-il pour faire tourner une telle mécanique ?
E. G. Jusqu’à 1 000 personnes sont mobilisées pendant le festival. Parmi elles, l’engagement des 300 bénévoles est précieux mais nous sommes un festival fortement employeur, et la majorité des missions sont t…