Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Lorient Agglo : « La modeste » montre son jeu

La troisième agglomération bretonne possède tous les atouts pour attirer de nouveaux investisseurs et entrepreneurs. Mais elle fait souvent face à un déficit de notoriété. Son image est trop généralement associée au littoral et aux vacances. Pourtant le tissu économique y est dynamique et florissant. Pour gagner en attractivité, les collectivités travaillent sur deux pistes prometteuses: l’image de marque et le foncier.

Morbihan, Lorient

© Shutterstock

Bienvenue dans la 3e agglomération de Bretagne », « Cap sur votre épanouissement »… Les titres des deux nouvelles publications éditées par l’Agence d’urbanisme et de développement de Lorient Agglomération (Audélor) lancent un message très clair: « Venez vivre, habiter et travailler dans l’agglomération en famille, vous ne le regretterez pas! » Une promesse marketing ? Que nenni ! Elle repose sur une réalité que trop peu de personnes connaissent. Le territoire recrute, les entreprises sont bien accueillies et accompagnées, le travail sur la disponibilité du foncier est permanent et la qualité de vie est quasi garantie.

Devenir ambassadeur du territoire

« Rassurer, attirer, convaincre… Notre communication actuelle veut favoriser l’arrivée d’entreprises et de salariés sur notre territoire, explique Gilles Poupard, directeur de l’Audélor. Nous sommes trop discrets, trop modestes d’une manière générale et nous ne faisons pas assez connaître nos forces et nos atouts. Nous avons édité ces deux brochures pour disposer d’une sorte de carte de visite, agréable et utile à lire. Avec ces outils, nous pouvons tous devenir ambassadeurs du territoire. » Histoire de tordre progressivement le cou aux clichés dont le pays de Lorient a hérité.

Lorient-Quimperlé, seulement pour la plage ?

Les responsables de l’agglomération et de l’Audélor se sont donc penchés attentivement sur ce déficit d’image en juin 2021. En partenariat avec le cabinet Gece, ils ont réalisé une enquête auprès de 3000 Français pour connaître « vue de l’extérieur » leur perception du pays de Lorient-Quimperlé. 45 % d’entre eux déclarent « connaître au moins un peu » une ville du territoire et 41 % disent y être venus ou passés au moins une fois. Le territoire est par ailleurs clairement identifié comme « littoral » (69 % des sondés) et rarement comme « urbain » (moins de 20 %). Même si Lorient-Quimperlé a tous les attributs de la troisième agglomération bretonne, elle est trop exclusivement perçue comme une destination de vacances ou de séjour.

Nous devons aménager au bas mot 50 ha de parcs d’activité dans les 5 ans.

Dans le domaine économique, le biais est le même. Le tourisme et la pêche sont les domaines cités par 70 % des sondés. Le nautisme vient en troisième position avec 43 % des personnes interrogées (majoritairement des Bretons). Un des principaux enseignements de cette étude c’est que plus on connaît le territoire et plus on l’apprécie. « Notre territoire n’est pas dans le clinquant et les habitants sont plutôt modestes et discrets, précise Freddie Follezou, président d’Audélor et vice-président du développement économique et de l’emploi à Lorient Agglomération. Mais plus on le connaît et plus on l’apprécie. Les nouveaux venus insistent souvent sur la qualité de l’accueil et la gentillesse des gens. »

Outre la qualité de vie, Audélor met également l’accent sur le foncier. « Puisque nous voulons attirer des cadres, des salariés et leurs familles, il nous faut bien sûr leur faciliter la tâche avec des informations pratiques et un guichet unique (www. entreprendre-lorient-bretagne-sud.bzh), mais surtout anticiper leur future installation, explique le président d’Audélor. Nous avons actuellement 70 demandes d’entreprises nécessitant 23 hectares alors que nous ne disposons que de 7 ha. Si l’on veut répondre raisonnablement à toutes les demandes, nous devons aménager au bas mot 50 ha de parcs d’activité dans les 5 ans ! »

L’enjeu est de taille pour le territoire. Actuellement, le foncier disponible peut générer plus de 1 000 emplois directs. Et combien d’indirects quand on prend en compte l’arrivée de nouvelles familles, la construction de nouvelles habitations, la consommation ?