Couverture du journal du 02/12/2022 Consulter le journal

Dossier – La Route du Rhum : 138 skippers en lice

C’est un record ! En 44 ans d'histoire, jamais il n'y a eu autant de skippers à s'élancer sur La Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Un plateau où se côtoie une multitude de profils, des plus titrés aux nouveaux venus, des pros comme des amateurs. Une course qui s’internationalise aussi avec 20% de participants étrangers. Petite ombre au tableau toutefois, seules 7 femmes seront sur la ligne de départ.

Route du Rhum

©Alexis Courcoux

Amélie Grassi skipper

Amélie Grassi ©DR

Amélie Grassi, skipper de La Boulangère Bio/Class40

« Nous sommes 7 femmes sur 138 marins, c’est beaucoup trop peu ! »

« Je réalise petit à petit que je serai sur la ligne de départ le 6 novembre. C’est ma première Route du Rhum, je suis impressionnée par l’exercice et en même temps j’ai hâte de me lancer. Avec le projet de la Boulangère Bio et du Temps pour soi, je veux porter le message que les femmes peuvent se réaliser dans leurs objectifs sportifs, dans leurs aventures. Sur cette édition nous sommes 7 femmes sur 138 marins, c’est beaucoup trop peu ! J’espère susciter des vocations. Pour une course au large, il faut de l’endurance physique bien sûr, mais ce n’est pas la puissante physique pour manœuvrer le bateau qui est déterminante sur ce type d’épreuve. Cela laisse la place aux femmes. Et puis elles ont un super mental et savent faire preuve de résilience, des qualités indispensables au profil de skipper. » Amélie Grassi a 28 ans et a grandi à La Rochelle dans une famille de marins.

 

skipper Catherine Chabaud

Catherine Chabaud ©Thierry Martinez

Catherine Chabaud, skipper de Formatives Network/Classe Rhum Mono

« La course au large est un formidable terrain d’expérience pour la transition »

« Il y a toujours une magie dans la Route du Rhum. Chaque édition a révélé des marins, des histoires formidables. La Route du Rhum incarne le développement de la course au large en France. Avec le Vendée Globe c’est vraiment le Graal pour les skippers ». Catherine Chabaud, 59 ans, a été la première femme à boucler le tour du monde en solitaire et sans escale en 1997. En 1998, elle participe à la Route du Rhum mais démâte avant d’entamer le tour de la Guadeloupe. Elle est aujourd’hui députée au Parlement européen et s’est « donné pour mission de porter la voix de l’océan à tous les niveaux, avec pour ultime ambition de faire reconnaître l’Océan comme bien commun de l’humanité auprès des Nations unies » « La course au large c’est aussi un formidable terrain d’expérience pour la transition, l’innovation. On cherche en permanence à faire des bateaux qui vont le plus vite possible tout en réduisant au maximum nos impacts sur l’environnement. C’est parce qu’on a des objectifs contraignants que l’on est obligés de se retrousser les manches et d’être innovants. » Catherine Chabaud reversera son salaire de novembre de député à l’Institut français de la mer.

6 classes de bateaux

  • ULTIM 32/23 : la catégorie reine des maxi-multicoques + de 100 pieds (32 mètres de long) sans limitation de taille – 8 skippers
  • OCEAN FIFTY : des multicoques de 50 pieds (15 mètres de long) qui appartiennent tous à la même classe – 8 skippers
  • IMOCA : les monocoques du Vendée Globe de 60 pieds (18,28 mètres de long) dont certains, les plus performants, sont équipés de foils – 37 skippers
  • CLASS40 : des monocoques de 12,18 mètres de long qui appartiennent tous à la même classe – 55 skippers
  • RHUM MULTI : des multicoques ≤ à 64 pieds (19,50 mètres) ne pouvant entrer dans une classe définie ci-dessus – 16 skippers
  • RHUM MONO : des monocoques ≥ 39 pieds (11,88 mètres) hors tout et ne pouvant entrer dans une classe définie ci-dessus – 14 skippers
Alan Roura skipper

Alan Roura ©Jean-Louis Carli

Alan Roura, skipper de Hublot/Classe Imoca

« Dans la Route du Rhum, le plus difficile c’est le départ et l’arrivée »

« La Route du Rhum c’est à la fois la course la plus populaire et la plus dure. Beaucoup n’arrivent pas au bout, tant elle est difficile et c’est ce qui me plait dans cette épreuve. C’est le petit Everest des mers. Le plus important pour moi c’est de faire le meilleur départ possible pour être devant. Après, sur l’eau, il se passera ce qu’il se passera, la météo ne me fait pas peur, je suis à l’aise avec mon bateau. Le challenge pour moi c’est le départ et… l’arrivée. Le tour de la Guadeloupe c’est très vicieux parce qu’il y a peu de vent, c’est compliqué à naviguer, il y a des pêcheurs, des nasses, beaucoup d’obstacles et c’est presque ce que j’appréhende le plus, l’arrivée. » Alan Roura a 29 ans, il est d’origine Suisse et vit aujourd’hui à Lorient. À 8 ans il embarque pour un tour du monde de 11 ans avec sa famille et à 20 ans il effectue sa première course au large.

 

Philippe Poupon skipper

Philippe Poupon ©DR

Philippe Poupon, skipper de Flo/Classe Rhum Multi

« Je suis là pour rendre hommage à Florence »

« Ma première Route du Rhum était en 1978, j’avais 24 ans. Cela a vraiment débuté ma vie de coureur au large. J’ai concouru sur 4 éditions, c’est vrai que cela fait partie de mon histoire. Je suis sur cette course pour rendre hommage à Florence (Arthaud ndlr). Mon épouse réalise un film sur sa vie et c’est un petit supplément pour la célébrer. Florence a gagné la Route du Rhum, elle fait partie de l’histoire de la course. Peu de femmes au départ ? Il n’y a pas de raison, les femmes peuvent y accéder, gagner la course, Florence l’a prouvé ! » Philippe Poupon a 67 ans et 4 Routes du Rhum à son actif, remportant celle de 1986. Son bateau « Flo » est l’ex-trimaran Pierre 1er qui appartenait à la navigatrice.

 

Armel Le Cléac’h skipper

Armel Le Cléac’h ©Y.Zedda

Armel Le Cléac’h, skipper de Banque Populaire XI/Classe Ultim

« Mon ambition c’est vraiment de gagner la course ! »

« Ma première participation remonte à 2006, c’était ma première transatlantique en solitaire. Et puis il y a eu les deux dernières éditions en 2014 et 2018. En 2014, j’ai déclaré forfait à cause d’une mauvaise blessure et en 2018 j’ai dû abandonner après que mon bateau ait chaviré au large des Açores. C’est une épreuve difficile, je suis bien placé pour le savoir! Tout va se jouer très vite. Pour les bateaux engagés dans la classe Ultim, c’est un véritable sprint. Il va falloir rentrer tout de suite être dans le match et à fond… Mon ambition c’est vraiment de gagner la course ! » Armel Le Cléac’h a 45 ans et est originaire du Finistère. Il a notamment été sacré champion du monde IMOCA en 2008, et a remporté la Solitaire du Figaro à trois reprises. Il est le tout premier marin à être monté trois fois sur le podium du Vendée Globe.

Route du Rhum skipper

©Route du Rhum

Record à battre

Celui de Francis Joyon établi en 2018 de 7 jours, 14 heures 21 minutes et 47 secondes

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