Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

Martin PARR au FRAC de Rennes

PARRATHON, c’est le titre de cette exposition, une compilation des oeuvres produites au cours des 30-40 dernières années du photographe anglais Martin Parr. Photographe reconnu, signature internationale, cela fait plus de quinze ans que ce chroniqueur pince-sans-rire a fait l’objet d’une rétrospective en France.

« Establishment, » « Luxury », « Everybody Dance », sont quelques unes des quatorze séries qui jalonnent chaque murs et pièces du Frac de Bretagne, pour une ballade dans l’univers Parr. Vie quotidienne, plages, supermarchés, les gens ordinaires le fascinent et constituent son sujet principal. Martin Parr a été révélé au grand public dans les années 80-90, pour ces portraits de vie à la fois ironiques et plein de dérision.
Il pose son regard sur la société brittannique, et plus largement occidentale, façonnée par l’évolution et le monde moderne. Tourisme de masse, surconsommation, signes distinctifs de classes sociales, il n’use ni moquerie, ni vulgarité, pour révéler nos travers et nos contradictions.
On sent l’inspiration de la photographie commerciale, basé sur l’éclairage du sujet et la saturation des couleurs, pour faire ce travail de documentariste, critique à l’égard des vicissitudes humaines.

À LIRE :  Article-portrait d’Étienne Bernard, directeur du Frac Bretagne, le Fonds Régional d’Art Contemporain

Bon goût / mauvais goût

Cette fresque prête à sourire. Des photos où l’on peut reconnaitre ce qui pourrait être notre vielle tante dans son salon à la tapisserie désuet, une fin de soirée du mariage d’un cousin, un moment d’ennui volé à la table voisine d’un restaurant. La manière dont chacun décore son quotidien et codifie son bonheur émane subtilement de ces clichés, rendant surprenantes et cocasses les situations quotidiennes.
Ici une mouche sur un chapeau chic ; là un corp rougit par un bain de soleil improvisé sur une cale en béton. Il photographie tant l’establishment que la classe ouvrière, des photos imprégnées de questions sociales et politiques. Il est d’ailleurs engagé contre le Brexit et déçu de cette décision de quitter l’UE. L’artiste avoue qu’il aime et haït tout à la fois cette Angleterre. Ses photos dénotent sa relation duelle envers la Grande-Bretagne, presque un travail thérapeutique empreint de cet amour et désamour, mélant ironie et tendresse.

« Bad Weather », en noir-blanc-gris

Sur les quarantes années de carrière et quelques 500 photographies proposées dans cette rétrospective, se trouve une série monochrome, en noir et blanc, un travail moins connue de celui qui fut révélé au monde dans les 90’s par ses photos kitsh en couleurs saturées.
Cet espace plus intime de l’exposition du Frac Bretagne, compte une trentaine de photos de petit format, prises entre 1975 et 1982. Des travaux rarement montrés, prises dans le Yorshire, à Dublin, Manchester. Averses, pluies, tempètes, bruine, les mauvaisons conditions climatiques sont le fils gris de ces clichés sur ses congénères brittaniques. Beaucoup d’images ont été capturées avec un appareil photo sous-marin et un flash d’appoint, le Leica de Martin Parr étant sujet aux fuites d’eau. Un petit bijou.

– Martin Parr sera à Rennes à l’automne, pour une conférence et une scéance de signature.
– Plus de 850 visiteurs au Parrathon le premier w.e. d’ouverture de l’exposition, les 13-14 juin 2020, au Frac Bretagne
– Exposition créée en 2020 avec l’Agence Magnum Photos, premier accrochage à Rennes jusqu’au 24 janvier 2021.

Exposition « Parrathon », jusqu’au 24 janvier 2021
du mardi au dimanche de 12h à 19h
3€ tarif plein, 2€ réduit, gratuit moins de 26 ans
Frac Bretagne, 19 Av. André Mussat, 35011 Rennes cedex
tel : 02 99 37 37 93
www.fracbretagne.fr

7Jours _ Juin 2020