Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Ouvertures dominicales 2021 : les commerçants réclament un quatrième dimanche

Chaque année, élus, partenaires sociaux et commerçants du pays de Rennes négocient des ouvertures dérogatoires. Le 2 novembre dernier, la demande d'un quatrième dimanche d'ouverture pour 2021 n'a pas trouvé d'issue favorable, une partie des partenaires sociaux ayant mis leur veto.

Rue_commercante_rennes ©KB

©KB

Avec une année très compliquée en 2020 et un futur incertain en 2021, les commerçants souhaitent une quatrième ouverture dominicale l’année prochaine. Il s’agirait alors d’accueillir la clientèle 3 dimanches avant Noël et le dimanche des soldes d’hiver. Ces décisions sont à la discrétion des maires qui depuis des années s’entendent sur le pays de Rennes afin d’uniformiser ces jours d’ouverture. « Les enseignes qui souhaitent ouvrir un dimanche doivent faire une demande auprès de leur maire de la commune d’affiliation. Historiquement sur l’agglomération rennaise il y avait un accord de principe pour que l’ensemble des communes puissent ouvrir les mêmes dimanches. Cette pratique bénéficie aux consommateurs qui voient tous leurs commerces ouverts le même jour et met tous les commerçants sur un pied d’égalité », rappelle Véronique Carabin-Schneider.

Les partenaires sociaux ont fait savoir lors d’une réunion le 2 novembre dernier qu’ils souhaitaient le maintien d’un protocole d’accord tel qu’il existait les années précédentes soit une autorisation d’ouverture 3 dimanches et 3 jours fériés dans l’année. Un positionnement que l’Union du commerce rejette « Nous n’avions déjà pas voté l’accord l’année dernière » explique Véronique Carabin-Schneider, la co-présidente de l’association regroupant 700 enseignes « Cela fait plusieurs années que nous alertons les partenaires sociaux et les élus locaux sur le fait que ce protocole n’a aucune valeur juridique ». En effet, aujourd’hui l’ouverture des commerces les jours fériés est réglementée par la loi et n’est pas soumise à l’autorisation des maires. « Sur le pays de Rennes on constatait que certaines enseignes ouvraient les jours fériés, car la loi l’autorise. Nous avons donc alerté sur le fait qu’il fallait dissocier du protocole d’accord l’ouverture les dimanches et les jours fériés. » Un constat partagé par la CCI, le Carré Rennais et l’Union des Entreprises 35.

Le fond du problème repose donc sur le fait que les ouvertures dominicales sont liées aux ouvertures les jours fériés et qu’un certain nombre de partenaires sociaux ne veut pas d’une augmentation des 6 jours déjà accordés. « Nous ne signerons pas cet accord. On ne veut pas priver nos adhérents des jours fériés. Et si aucun partenaire ne signe, cela reviendra à la discrétion des maires du Pays de Rennes. On se retrouvera alors dans une situation qu’on voulait éviter. Certains maires accorderont 3 dimanches, d’autres 5 et d’autres encore 0. Il n’y aura plus ce consensus qui rendait lisibles nos jours d’ouverture et facilitait la vie des consommateurs », alerte Véronique Carabin-Schneider.

Ce quatrième dimanche est demandé alors que la crise atteint durement les commerçants. Même si les commerces ont su réagir et s’adapter en essayant de mettre en place des solutions de drive, click and collect ou autre, cela ne compense que partiellement les pertes engagées par les fermetures successives dues à la crise sanitaire. « Bien sûr il faut que tous les commerçants se digitalisent, mais ça ne sauvera pas tout. Si demain on ne veut pas que les centres-ville et les centres-bourg meurent parce qu’il n’y a plus de commerce, il faut élargir ces possibilités d’horaires et de jours d’ouverture. »

Un 3e dimanche pour préparer Noël 2020 demandé à la préfecture, sans réponse à ce jour

L’Union du commerce a fait une demande d’ouverture exceptionnelle sur 3 dimanches pour le mois de décembre 2020. À ce jour, le courrier est resté sans réponse. Pour les commerçants si le gouvernement réautorise l’ouverture des commerces début décembre il faudra gérer le flux de clientèle et « l’ouverture de ces 3 dimanches avant Noël permettrait cela ». Véronique Carabin-Schneider le souligne « Nous avons bien compris les enjeux sanitaires, mais il faut maintenant que nos élus et les partenaires sociaux comprennent les enjeux économiques. Nous sommes vraiment dans une crise et ce n’est que le début. Il faut avoir conscience que les périodes de Noël, pour certains commerçants indépendants cela représente 40 % de leur chiffre d’affaires annuel. »