Au lendemain des quelques faibles pluies de mois d’août 2026, l’humidité n’a gagné que les premiers centimètres du sol. À quatre ou cinq centimètres de profondeur, la terre est déjà complètement sèche. Sur les 60 hectares de son exploitation finistérienne, Marc Kerangueven voit des plants mourir et ignore lesquels pourront finalement produire. Les choux destinés à être récoltés cet automne ont pris un retard inquiétant.
Installé depuis 1988, le président du Cerafel, qui porte la marque Prince de Bretagne, et de la Sica de Saint-Pol-de-Léon se souvient de 1976, puis de 2022. « Cette année, c’est une catastrophe. Je n’ai jamais vu cela, ni au niveau de la perte de récolte ni pour les difficultés à implanter les cultures d’automne et d’hiver », tranche-t-il.
Le plein champ décroche
À la Sica, qui rassemble près de 500 exploitations et commercialise environ 200 000 tonnes de légumes par an, les comptes arrêtés à la fin juillet 2026 donnent la mesure du choc. Les volumes d’artichauts ont chuté de 60 %, ceux de brocolis de 50 % et ceux de salades de 35 %. « En deux mois, juin et juillet, nous avons perdu 20 % de notre production annuelle », déplore Marc Kerangueven. Les choux pourraient encore alourdir la facture cet automne 2026. Face à la sécheresse, l’accès à l’irrigation devient crucial. Seuls 15 % des producteurs disposent d’un système d’irrigation et s’équiper coûte environ 25 000 euros pour un enrouleur et 15 000 euros pour un kilomètre de tuyau.
Face à la sécheresse, l’accès à l’irrigation devient crucial
La maîtrise du climat sous serre semblait mieux protéger la tomate, mais les canicules successives ont fait tomber ce rempart. Chez Solarenn, à Saint-Armel (35), les 25 producteurs ont relevé 38 à 39 °C sous les abris lorsque le thermomètre affichait 42 °C dehors. « Au-delà de 35 °C, nous avons déjà des dégâts sur les plantes, la floraison et la qualité du pollen. La pla…