Couverture du journal du 26/11/2021 Consulter le journal

Travaux publics : à quand la reprise ?

Abandon de projets routiers de contournement de communes bretilliennes, moins d’appels d’offres publiques, flambée des prix de certaines matières premières avec risques de rupture d’approvisionnement, difficulté à recruter… les professionnels des travaux publics restent pour autant positifs !

Raymond Armange président de TP 35

Raymond Armange, président de TP 35 © LM-7J

Après un premier semestre 2021 morose au titre des appels d’offres issus de la commande publique – particulièrement en canalisation d’eau potable et d’assainissement – la profession attend un second semestre plus positif sur le plan de l’activité économique. « On a 4,4 mois de visibilité dans les carnets de commandes » précise Raymond Armange, président de TP 35. « Ce n’est pas si mal, mais la profession n’a pas encore retrouvé son niveau d’activité d’avant crise. »

Pénurie de matériaux

La flambée des prix touche certaines matières premières, comme le PVC utile pour les canalisations, l’acier et la ferraille pour le génie civil et les transformateurs électriques. « C’est en moyenne 10 à 20 % d’augmentation. À cela s’ajoute le problème de livraison des engins de chantier : quand il y avait un délai de 7 mois pour recevoir un camion de chantier, c’est aujourd’hui 1 an et demi. Une aspiratrice (Appareil permettant d’extraire par aspiration un gaz ou un liquide d’une cavité, ndlr) c’est 2 ans de délai… C’est aussi pour cela que nous devons avoir plus de visibilité, pour anticiper les commandes et les équipements. »

Les travaux routiers du département

« L’abandon des projets de contournement routier de Vitré, Châteaubourg et Fougères, par le département d’Ille-et-Vilaine, cela correspond à 65 millions d’euros de marchés. On espère que cela sera affecté à des projets routiers, des projets de mobilité à tout le moins. Nous sommes en discussion avec les élus. Nous savons que les axes de mobilité évoluent, quel que soit le type de véhicule (essence, gaz, électrique ou vélo), il faut des infrastructures ! Il nous faut connaitre les projets, pour anticiper les investissements : 1 engin dans nos entreprises c’est un fort coût, et un amortissement sur 10 ans. » La commande publique, des communes, département, région, État : c’est 60 % du chiffre d’affaires de la profession.

Les plans transport de Rennes

Rennes réfléchit à la mise en place de zones à très faibles émissions (ZFE), pour lutter contre la pollution de l’air liée aux transports. Mais si aujourd’hui on incite les professionnels à s’équiper en électrique ou au gaz, les constructeurs de ces engins, pour la plupart étrangers n’ont pas les mêmes objectifs écologiques.

« Les camions professionnels électriques ce n’est pas pour demain. Nous testons dans mon entreprise une mini-pelle électrique : c’est un investissement double (qui va impacter le prix des chantiers) et une autonomie de 3 à 4h. »

Les formations TP au complet !

« Aujourd’hui, comme dans tout secteur d’activité, nous avons des difficultés à recruter du personnel. Le CFA TP de Ploërmel est plus que complet en cette rentrée de septembre 2021, avec près de 300 apprentis. Chaque année, nous augmentons la jauge de 10 %. C’est pareil dans les IUT et les lycées pros, les formations TP sont bondées, et on manque encore de personnes. »

 

La Profession des Travaux Publics en Ille-et-Vilaine :

310 entreprises (dont 65 % de moins de 10 salariés), pour 4556 salariés. Ce sont ces entreprises qui construisent et entretiennent les infrastructures : canalisation de gaz, réseau d’eau potable, routes, réseau de fibre, ligne ferroviaire, métro.

CA en 2019 : 670 M€ HT