Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Yoann Coulvier, cofondateur de Ouiboss : « On veut rendre visibles les indépendants »

Lancée en 2019, la plateforme Ouiboss regroupe des indépendants et des entreprises de moins de 10 salariés. Ses créateurs Yoann Coulvier et Adrien Ogor veulent révolutionner les usages en donnant la possibilité aux consommateurs et aux entreprises de trouver en un lieu unique des partenaires de proximité.

Equipe Ouiboss

Equipe Ouiboss © DR

7 Jours : Pouvez-vous présenter Ouiboss en quelques mots ?

Yoann Coulvier : Ouiboss est une plateforme de communication collaborative dédiée aux indépendants et aux entreprises de moins de 10 salariés. Chaque entité peut créer son profil sur le site et présenter son activité, ses services, ses produits. L’objectif de Ouiboss est de répondre à l’exclusion du web des plus petites structures qui n’ont ni les moyens, le temps et les compétences pour assurer une communication digitale efficace. Nous souhaitons aussi favoriser une consommation différente et mettre en lumière ces petites entreprises auprès des grands groupes, PME, et consommateurs. Nous n’avons pas attendu le covid pour prendre en considération les petites entreprises, ça fait quelques années qu’on travaille sur le sujet !

Yoann Coulvier & Adrien Ogor, co-fondateurs de OuiBoss

Yoann Coulvier & Adrien Ogor, co-fondateurs de OuiBoss © Photo Yoann Adrien

Nous n’avons pas attendu le covid pour prendre en considération les petites entreprises

7 Jours : Qu’est-ce qui vous différencie des acteurs déjà existants sur le web ?

Y.C : Il y a une multiplication de plateformes qui ubérisent les indépendants, qui prennent 15 ou 17 % de commission. Et ce système ne favorise pas l’accès à l’information, à l’échange, à la collaboration. Les profils qui remontent sont ceux qui rapportent le plus à la plateforme, ce qui défavorise ceux qui débutent.

Notre espace se veut ouvert, bienveillant. Les entrepreneurs de la plateforme peuvent aller voir les autres profils, les contacter, s’inspirer de leur façon de communiquer. Nous voulons favoriser cela… Nous allons aussi mettre en place un « mur des besoins » où les membres de la plateforme mais aussi les clients extérieurs pourront proposer des missions. Nous animons également la communauté avec des webinaires.

OuiBoss

 

7 Jours : Quel est votre modèle économique ?

Y.C : Pour l’instant, nous ne faisons pas de chiffre d’affaires, car nous avons lancé la solution en freemium afin d’amener les in- dépendants à découvrir le service et à digitaliser leur offre. Nous sortirons l’année prochaine, une autre offre premium avec des fonctionnalités particulières. Le montant de la cotisation devrait être d’environ 10 euros mensuel. Parmi les fonctionnalités premium il y aura la possibilité de mettre son profil en multilingue, ajouter des vidéos, avoir un portfolio amélioré, mettre son profil en marque blanche pour retirer la mention Ouiboss.

 

7 Jours : Vous avez réalisé une levée de fonds en début d’année. Est-ce simple aujourd’hui de séduire les investisseurs avec ce type de plateforme ?

Y.C : Nous avons récolté 450 000 euros lors de notre première levée de fonds, 300 000 euros en Equity et 150 000 euros de prêts. Nous espérons en faire une seconde l’année prochaine pour lever entre 1,5 et 2 millions d’euros. L’objectif est d’accélérer le développement de la communauté, de la solution et travailler sur la commercialisation. Je veux collaborer avec des investisseurs qui comprennent l’impact de ce qu’on fait, notre modèle, et ne voient pas uniquement le chiffre d’affaires à court terme. Spotify, Netflix n’étaient pas rentables les premières années et aujourd’hui ils sont incontournables. C’est encore une difficulté en France de faire accepter que la rentabilité ne sera pas immédiate.

 

7 Jours : Combien avez-vous d’inscrits à ce jour ?

Y.C : Aujourd’hui, nous avons environ 1 500 indépendants inscrits, on sera 2 000 à la fin de l’année. On a une belle courbe d’acquisition, avec de plus en plus d’abonnés chaque mois. Le service est ouvert en France et en Belgique. Notre ambition est d’imposer ce nouveau réseau partout.

 

7 Jours : Quels secteurs sont plus particulièrement représentés ?

Y.C : Aujourd’hui 80 % de nos indépendants sont des consultants. Cela répond à notre stratégie d’acquisition, car ces entrepreneurs sont déjà sur le web, connaissent les plateformes et recherchent des alternatives. Mais notre ADN est bien d’accueillir tous les secteurs !

 

7 Jours : Proposez-vous des fonctionnalités particulières pour les commerçants ?

Y.C : Oui nous travaillons également sur ce point ! D’ici quelques jours, nous allons sortir une nouvelle fonctionnalité dédiée aux commerçants leur permettant de présenter leurs produits à tra- vers un catalogue. Pour l’instant il n’y a pas de paiement en ligne, mais c’est dans les tuyaux. D’autres fonctionnalités sont en cours de développement…

C’est à nous, consommateurs et utilisateurs de changer nos usages

7 Jours : Selon vous quels sont les enjeux majeurs pour les indépendants dans les prochaines années ?

Y.C : Qu’ils soient considérés à leur juste valeur et soutenus ! On voit bien à travers la crise sanitaire la fragilité de nos indé- pendants, petits commerçants… C’est à nous, consommateurs et utilisateurs de changer nos usages. Mais pour changer, il faut que ce soit simple de trouver des indépendants, de faire appel à eux… que se soit aussi simple que d’acheter un livre sur amazon !