Couverture du journal du 27/11/2020 Consulter le journal

Les femmes prennent la parole grâce aux « Nouvelles Oratrices »

La prise de parole en public, un sujet que maitrise Fanny Dufour, ancienne présidente du TEDxRennes. En 2019, elle fonde avec Régis Bozec, Mind the Gapp, pour aider les personnes à réussir leurs interventions orales. Très vite elle décèle un besoin particulier chez les femmes et crée Les Nouvelles Oratrices.

Les Nouvelles Oratrices proposent des formations pour développer les spécificités et les forces oratoires des femmes.

Les Nouvelles Oratrices proposent des formations pour développer les spécificités et les forces oratoires des femmes © D.R.

Fanny Dufour a lancé les Nouvelles Oratrices le 8 mars 2020.

Fanny Dufour a lancé les Nouvelles Oratrices le 8 mars 2020 ©D.R.

En 2020, les femmes sont encore sous-représentées dans l’espace public et leurs prises de parole sont fréquentes que celles de leurs homologues masculins. Une récente étude de l’INA le confirme : en 2018, les femmes ont parlé deux fois moins que les hommes à la télévision et à la radio. Un phénomène accentué par un « complexe de légitimité » souvent constaté.

Alors devant ce phénomène encore d’actualité, même si les chiffres semblent indiquer une lente amélioration, des initiatives de femmes voient le jour, dans un esprit de sororité. C’est le cas des cercles des Nouvelles Oratrices lancés le 8 mars 2020 par Fanny Dufour… à l’occasion de la journée des droits des femmes.

 

 

 

Les femmes souffrent d’un complexe de légitimité

Ces cercles bienveillants accueillent durant deux mois, à raison de deux heures par semaine, des femmes souhaitant s’affirmer dans leur prise de parole. Les thématiques abordées sont le storytelling pour apprendre à se raconter, le travail sur la posture, la gestion du stress, des émotions, la structuration du message.

« Nous focalisons également beaucoup sur la conviction et sur la légitimité » appuie Fanny Dufour. « Les femmes ont un vrai complexe de légitimité. J’ai d’ailleurs pu le constater lorsque je sourçais des femmes susceptibles de monter sur la scène du TEDx. Il était difficile d’en trouver et d’assurer la parité entre nos intervenants. Idem dans les formations mixtes que j’ai pu animer, très souvent les femmes laissaient les hommes prendre la parole en premier. »

Et si les femmes souffrent d’un déficit de confiance pour certaines d’entre elles, la formation en « sororité » serait une solution efficace pour la fondatrice des Nouvelles Oratrices. « l’idée, c’est de créer de l’entraide, du coaching collectif entre les femmes. Il est souvent plus facile de se sentir à l’aise, parler de ses complexes, de ses doutes avec d’autres femmes. »

Lancées peu de temps avant le premier confinement, Les Nouvelles Oratrices trouvent toutefois très rapidement son public grâce aux échanges en visioconférences entre Fanny Dufour et des adhérentes de réseaux féminins comme Femmes de Bretagne ou Femmes d’ici et d’ailleurs. Des cercles se montent à Rennes, Nantes, Vitré et Brest. « À ce jour nous avons formé 79 femmes. » Très engagée, Fanny Dufour propose aussi des ateliers pour les jeunes femmes éloignées de l’emploi en partenariat avec We Ker et intervient auprès des femmes incarcérées.