DOSSIER. Le granit breton mise sur l’IGP pour relancer les commandes

Reconnu à l’échelle européenne depuis le 1er juin 2026, le granit de Bretagne gagne un outil de protection et de prescription grâce à l’obtention d’une Indication géographique protégée (IGP). Le périmètre de l’IGP dépasse celui de l’association chargée de la défendre et de la gérer : celle-ci réunit 16 entreprises qui exploitent 18 carrières et 11 ateliers, pour près de 28 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette reconnaissance intervient toutefois au moment où la commande publique, qui représente 36 % de l’activité des adhérents, ralentit.

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À l’œil nu, le profane peut tout à fait s’y méprendre. Un granit gris de Louvigné-du-Désert (35) peut ressembler à une roche venue de Chine ou d’Espagne, mais en laboratoire, sa composition minéralogique et chimique livre toutefois une carte d’identité. Baptisée « ADN de la pierre », cette méthode du Centre technique de matériaux naturels de construction permet de remonter à l’origine d’un bloc. Elle donne une assise scientifique à l’IGP que la filière vient d’acquérir à l’échelle du Vieux Continent.

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Depuis le 1er juin 2026, le Granit de Bretagne figure en effet au registre européen des indications géographiques protégées pour les produits artisanaux et industriels. L’indication couvre les 27 États membres et autorise l’usage du logo officiel IGP. Elle prolonge une démarche lancée après la loi consommation de 2014. Créée en avril 2015, l’association Indication Géographique Granit de Bretagne avait obtenu l’homologation française en janvier 2017.

Prouver l’origine

« Une IG, qu’elle soit à l’échelle nationale ou européenne, c’est avant tout une notion de traçabilité », résume Sylvie Lebreton, secrétaire générale de l’Unicem Bretagne. Concrètement, seuls les produits issus de granits extraits et façonnés dans la région, dans le respect du cahier des charges, peuvent porter le label. Celui-ci garantit donc l’origine de la pierre et le savoir-faire associé à sa transformation. La Bretagne se distingue ainsi par la diversité de ses granits, gris, bleus, roses ou beiges, aux grains plus ou moins fins.

Sylvie Lebreton, secrétaire générale de l’Unicem Bretagne, et Thomas Lecorguillé, directeur général de Bretagne Granits et président de l’association IG Granit de Bretagne.

Sylvie Lebreton, secrétaire générale de l’Unicem Bretagne, et Thomas Lecorguillé, directeur général de Bretagne Granits et président de l’association IG Granit de Bretagne. © 7Jours/Rolland

Thomas Lecorguillé, directeur général de Bretagne Granits et président de l’association IG Granit de Bretagne (IGGB), ne prétend pas que la pierre bretonne soit, par nature, plus résistante que ses concurrentes. Sa différence tient plutôt aux garanties qui encadrent son extraction et son façonnage : le respect des normes françaises et une traçabilité de la carrière jusqu’au produit fini. « Il n’y a rien de plus difficile que d…

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