En février 2025, le Conseil d’État avait rappelé une règle qu’on pensait pourtant gravée dans le marbre : une aide-soignante ne peut pas exercer avec un statut d’indépendante dans un établissement de santé. Si cela a nécessité de l’écrire noir sur blanc, c’est que certains avaient essayé ! Au moment où j’écris ces lignes, un petit voyant s’allume dans la tête du recruteur que je suis. Parce que derrière cette décision, il y a une question que se posent beaucoup de dirigeants : et si demain, tous mes métiers passaient par une appli à la demande ?
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Deux ubérisations, pas une seule !
La première forme d’ubérisation est statutaire. Une plateforme de ce type met en relation, fixe le prix, prend sa commission… Le travailleur est indépendant. C’est le modèle Uber et les juges l’ont déjà recadré. La seconde ubérisation est managériale. Le contrat reste celui d’un salarié, intérimaire ou free-lance, mais c’est l’application qui propose les missions, affecte, relance, note. La notification devient alors le véritable manager, celui qui appelle pour une nouvelle mission. Début 2022, plus de 230 000 personnes travaillaient en France via une plateforme, dont 179 000 livreurs et 53 000 chauffeurs VTC. Ce chiffre ne compte que les indépendants. Il ignore tous les salariés dont l’agenda est déjà piloté par une appli.
Car, ne nous berçons pas d’illusion, le travail « souple » n’est pas né avec le smartphone. Il existe déjà un grand nombre de solutions de flexibilité. Les groupements d’employeurs partagent depuis longtemps un salarié, souvent en CDI, entre plusieurs entreprises. Une entreprise de travail à temps partagé met à disposition des compétences pointues. Le consultant ou manager de transit…