À Chevaigné, une maison éclusière devient le bistrot Grugedaine

Anatole Beaume-Launay et son père, Gilles Beaume, ont ouvert le bistrot Grugedaine dans une ancienne maison éclusière. Épaulés en cuisine par la cheffe Marguerite Girard et Manon Le Bris en cuisine, ils enregistrent des débuts supérieurs à leurs prévisions, tandis qu’un second volet du projet, consacré à l’hébergement, se dessine déjà pour 2027.

© 7Jours/Rolland

Au bord du canal d’Ille-et-Rance, la maison éclusière de Grugedaine a gardé l’allure simple de l’habitation qu’elle fut, mais elle abrite dorénavant un bistrot éponyme ainsi qu’une spacieuse terrasse. Depuis l’ouverture, le 5 juin 2026, le succès est au rendez-vous avec une moyenne de 35 à 40 couverts par service et un ticket moyen proche de 27 euros. À Chevaigné (35), où aucun restaurant n’avait subsisté après la crise sanitaire, l’ouverture de cet établissement était donc attendue avec impatience.

À 24 ans, Anatole Beaume-Launay a déjà un solide parcours. Après un CQP de barman préparé à la Faculté des métiers de Bruz (35), il devient plus tard chef barman dans un établissement de 300 places à La Réunion, puis affine à la Mescaleria, à Paris, son goût du cocktail et de la création. Des saisons à Audierne et Camaret-sur-Mer, puis l’ouverture de Yaya à Rennes, complètent notamment son expérience. « Depuis très longtemps, j’ai envie d’avoir mon restaurant. C’était un rêve de lycéen », confie-t-il. Son père, Gilles Beaume, 59 ans, est alors en reconversion et lui propose de se lancer ensemble dans l’aventure.

100 000 euros d’investissement

L’appel à projets, lancé par Canaux de Bretagne avec Rennes Métropole et la commune de Chevaigné, portait sur deux maisons éclusières. Les deux associés ont choisi de conserver Grugedaine, le nom du lieu-dit, par respect pour l’histoire du site. Avant d’accueillir ses premiers clients, la maison éclusière a dû changer d’usage. Propriétaire des murs, la Région l’a mise à disposition dans le cadre d’une convention de quinze ans. Réseaux, cuisine de 20 m², assainissement : sa transformation en restaurant a nécessité près de 100 000 euros d’investissement de la part des nouveaux gérants.

La terrasse peut accueillir jusqu'à 120 convives.

La terrasse peut accueillir jusqu’à 120 convives. © 7Jours/Rolland

À l’automne, la salle offrira 22 places assises et cinq au comptoir. D’ici là, l’activité repose sur la terrasse. Elle pourrait recevoir davantage de tables, mais Anatole Beaume-Launay fixe la limite autour de 80 couverts. En cuisine, Marguerite Girard et Manon Le Bris proposent une carte vivante, renouvelée chaque semaine, parfois en quelques jours, au gré des fournisseurs. Le midi, le plat s’affiche à 16 euros, les formules à 19 et 22 euros ; le soir viennent les assiettes à partager. « Nous avons choisi de comprimer nos marges pour proposer des produits de qualité à des prix qui restent raisonnables », explique Anatole Beaume-Launay. Quatre barques louées 20 euros l’heure et des rendez-vous culturels prolongent l’expérience Grugedaine au-delà de l’assiette.

Un gîte en 2027

Dans une seconde maison, Anatole Beaume-Launay et Gilles Beaume préparent pour 2027 l’ouverture d’un gîte de quatre chambres et d’un petit camping de six emplacements, limité à vingtaine de personnes. L’investissement sera inférieur à celui du bistrot et doit conduire à un recrutement. « Le gîte devra assurer une rentabilité solide. Le camping sera davantage une activité complémentaire, qui pourra aussi amener des clients au bistrot », projette le jeune restaurateur. Ce dernier pense atteindre, voire dépasser, les 130 000 euros de chiffre d’affaires lors de sa première année d’activité.

LIRE AUSSI : À Thorigné-Fouillard, Sébastien Maigrot allume les braises de son restaurant Arum

Inscription à la newsletter

Notre dernier magazine

Lire nos magazines