ENTRETIEN. Avec son studio Idaë, la Morbihannaise Isabelle Daëron en lice pour illustrer les prochains billets européens

Née à Ploemeur (56), l'artiste de 42 ans Isabelle Daëron est la seule Française retenue par la BCE parmi dix finalistes pour dessiner les nouveaux billets européens, à la suite d’un appel à candidatures avec le thème « Fleuves et oiseaux ». Une première, depuis la mise en circulation de l’euro en 2002 et un coup de projecteur massif pour Idaë, son studio situé près de Paris.

Isabelle Daëron dans son atelier, à Ivry-sur-Seine. © Lucie Sassiat

Votre travail s’articule souvent autour des flux et des éléments naturels. Dans quelle mesure l’ancrage morbihannais a-t-il façonné votre approche environnementale ? Conservez-vous des liens avec le tissu économique breton ?

Isabelle Daëron. J’ai grandi à côté de la mer, à Lorient. Jeune, j’ai beaucoup dessiné les paysages, ce qui a vraiment aiguisé mon attention sur ce qui m’entourait. Ma formation de designer m’a ensuite poussée à être curieuse et attentive aux défis actuels, notamment écologiques. Je vois mon métier comme une manière de contribuer à rendre nos environnements plus sobres et mieux pensés. Bien que j’aie développé mon activité à Paris, il est primordial pour moi de continuer à mener des projets en Bretagne. L’année dernière, nous avons travaillé sur la valorisation d’une trentaine de sites archéologiques en centre Bretagne. Nous avons aussi accompagné une dizaine d’entreprises locales pour concevoir leur parcours de visite de tourisme industriel. C’est le cas par exemple de la Brasserie Lancelot, du producteur de moules et d’huîtres Breizh Coquillages ou encore de La Trinitaine.

Vous figurez parmi les dix finalistes de la Banque Centrale Européenne pour redessiner les billets en euro