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CMA Bretagne : « Il n’y a jamais eu autant d’apprentis en Bretagne »

Rentrée enthousiaste au CFA régional de la CMA Bretagne, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat. 7377 apprentis ont fait leur rentrée sur les 7 campus répartis sur le territoire, c’est + 6,5 % par rapport à l’année précédente.

Michel Aoustin président de la CMA Bretagne, Pascal Cadieu directeur du CFA régional, Mickaël Morvan, premier vice-président de la CMA Bretagne apprentis

Michel Aoustin président de la CMA Bretagne, Pascal Cadieu directeur du CFA régional, Mickaël Morvan, premier vice-président de la CMA Bretagne ©SB-7Jours

« Il n’y a jamais eu autant d’apprentis en Bretagne », se félicite Pascal Cadieu, directeur du CFA régional. La filière « Alimentaire » constitue le plus gros bataillon avec 31,5 % des effectifs. Suivie par la filière « Mobilité et maintenance des matériels » et ses 22,2 % des inscrits. Troisièmes sur le podium : les métiers du bien-être (coiffeur, esthéticien, styliste ongulaire) représentent 13,4 % des apprentis du CFA régional.

Proposant 106 diplômes dans plus de 11 filières, le Centre de Formation d’Apprentis (CFA) de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) de Bretagne est présent sur 7 sites (Dinan-Aucaleuc, Ploufragan, Bruz, Fougères, Saint-Malo, Quimper, Vannes). Avec ses 7377 apprentis, ses 600 agents, son budget de 50 M€, le CFA breton est le plus important du Grand Ouest et le troisième établissement de formation en apprentissage du réseau des Chambres de Métiers en France.

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Carte nombre d’apprentis du CFA Bretagne par Campus ©DR

De nouvelles formations

« Notre priorité est de répondre aux besoins des entreprises artisanales de notre territoire », affiche Pascal Cadieu. Pour ce faire, l’organisme table sur son agilité à ouvrir des formations à tout moment. Une souplesse permise par la loi « Avenir professionnel » de 2018. À la demande d’artisans prêts à recruter, de nouvelles formations ont été ouvertes pour la rentrée : CAP glacier fabricant, à Bruz, CQP maintenance de pneumatique, à Aucaleuc, DEUST préparateur technicien en pharmacie à Ploufragan, CQP peintre en carrosserie, à Quimper. À partir du 1er janvier 2023, le CAP poissonnier écailleur à Quimper et le CQP styliste onglerie à Saint- Malo verront le jour. Cette relation étroite avec les entreprises formatrices est récompensée par un taux d’insertion professionnelle à 18 mois qui frise les 80 %.

Le rôle social du CFA

Parmi les fiertés du CFA régional, des évolutions qui suivent celles de la société, ainsi les campus bretons forment une centaine de mineurs non accompagnés. « Le CFA a un rôle social, nous leur proposons des parcours individualisés », précise Michel Aoustin, président CMA Bretagne. Autre transformation : la féminisation des effectifs. Selon Pascal Cadieu, « elle est liée à nos efforts pour lutter contre les stéréotypes dans certains métiers ». Également synonyme d’ouverture, 18 étudiants taïwanais seront accueillis en octobre dans le cadre d’un partenariat.

Vigilance sur les métiers de bouche et la restauration

Si globalement les indicateurs sont au vert, quelques points d’inquiétude demeurent. Des places restent vacantes dans le CAP charcutier-traiteur ou le CTM crêpier. Au sein de la filière « Cuisine, hôtellerie et restauration », ce sont les formations en « service en salle » qui peinent à recruter, à l’image de la désertion du personnel de ce secteur. « Nous devons travailler sur l’image des métiers », reconnaît Pascal Cadieu. Un constat partagé par Mickaël Morvan, premier vice-président de la CMA Bretagne : « La qualité de vie au travail est une nouveauté pour de nombreux secteurs. Il y a la question de l’augmentation des salaires, certes, mais il faut également travailler sur les temps de pause et les jours de congés ». Le président de la CMA, Michel Aoustin, l’affirme : « Les personnages clés, ce sont les maitres d’apprentissage. Nous veillerons à mieux les former sur ces questions ».

Michel Aoustin, président de la CMA Bretagneapprentis

Michel Aoustin, président de la CMA Bretagne ©SB-7jours

Après trois précédents mandats d’élu au sein de la CMA Bretagne, Michel Aoustin soufflera en novembre sa première bougie en tant que président de l’organisation régionale.

Concernant l’apprentissage, quels sont les axes stratégiques de votre mandat ? Être encore plus proche des artisans pour les conseiller tout au long de leur vie. C’est un processus qui commence dès l’apprentissage. Nous faisons découvrir les locaux administratifs de la CMA aux apprentis afin qu’ils sachent que nous sommes en soutien de leur activité le jour où ils en auront besoin. En outre, le CFA doit être « hyper-opérationnel ». Il faut davantage moderniser l’outil pour donner envie aux jeunes de nous rejoindre. Nous devons aussi être moteur sur les bonnes pratiques. Un CFA donne parfois ce qu’une entreprise ne peut pas donner, notamment en termes de pratiques environnementales ou sociales.

Vous êtes boulanger-pâtissier de métier et vous avez commencé comme apprenti. Quel est l’artisan qui vous a inspiré ?

Mon grand-père. Il était artisan couvreur en Loire-Atlantique. Une vraie force de caractère. Je pense aussi à mon oncle, boulanger, qui m’a inspiré le travail au chaud près du four.

Votre meilleur souvenir d’artisan ?

Notre pot de départ ! Après 35 ans d’installation, nous avons vendu notre boulangerie avec mon épouse. Nous avons reçu des remerciements exceptionnels et inattendus. C’est aussi ça être artisan, c’est recevoir.