Couverture du journal du 15/10/2021 Consulter le journal

[ Élections à la CMA ] Liste « La voix des artisans »

« Nous voulons remettre la CMA au service de l’artisan. Notre programme s’est construit au fil des 5 années dans l’opposition »

cma Bretagne

de g. à d. Mickaël Morvan (35), Michel Aoustin (56), Fabienne Lepottevin (29), Yvan-Pierre Mell (22) ©DR

La régionalisation

« J’étais un fervent défenseur de la régionalisation, contrairement à M. Plantin. À l’U2P nous voulions cette régionalisation, Ange Brière lorsqu’il était président de la CMA le souhaitait déjà. Il faut une représentation régionale forte pour peser dans les débats, une cartographie plus lisible de la formation aussi. L’organisation ensuite se fera par des commissions territoriales, en prise directe avec les élus des EPCI, les intercommunalités. Il faut une animation par territoire, avec des référents au cœur de chacun d’eux. »

Une liste forte des organisations professionnelles

« Notre liste compte des composantes fortes, nous avons beaucoup de présidents d’organisations professionnelles : de la Capeb, de la fédération des artisans boulangers-pâtissiers d’Ille-et-Vilaine, de la Confédération générale de l’alimentation en détail, des Marchés de France… Nous nous appuyons sur ces gens qui connaissent parfaitement leurs métiers, et les attentes des artisans. Et nous avons 6 représentants des métiers d’art sur cette liste. Il faut les prendre en compte et répondre à leurs besoins un peu différents.

Quant aux partenariats avec la CCI, on n’a pas attendu la dernière mandature pour travailler avec des antennes mutualisées sur le territoire. Mais nous ne voulons pas de fusion, on souhaite garder un artisanat fort et indépendant. Des partenariats peuvent aussi se développer avec la chambre d’agriculture pour des circuits courts dans l’alimentation par exemple. Je pense aussi à des échanges avec les communes et les bailleurs, pour concevoir des logements pour les apprentis, il y a beaucoup à faire encore. »

La formation

« La formation est un axe important, et nous ne voulions pas de la privatisation de l’outil CFA. Désormais l’apprentissage est supervisé par les branches professionnelles, les Opérateurs de Compétences (OPCO). L’objectif est de répondre efficacement aux besoins des métiers, être plus réactif à l’ouverture de filières, en proximité des entreprises artisanales sur les territoires, et accueillir des apprenants tout au long de l’année. Avec un CFA unique régional, et 7 000 jeunes apprenants chaque année en Bretagne, on pèse lourd. C’est utile pour faire face aux CFA que souhaite monter par exemple L’Oréal pour les métiers de la coiffure ou d’autres entreprises privées.

Mickaël Morvan U2P Bretagne

Mickaël Morvan, coiffeur à Cesson-Sévigné, président de l’U2P Bretagne ©LM-7J

Au sujet de l’école Ferrandi à Rennes nous avons voté contre, car nous n’avons pas été concertés en amont, avec les organisations professionnelles de la cuisine et la pâtisserie. Il n’y a pas eu assez de transparence sur ce projet. Quand on parle de Ferrandi ce sont des formations assez chères et des apprenants qui ne resteront pas forcément en Bretagne. Il faut garder les formations accessibles aux jeunes de milieux modestes, accueillir tous les publics. Attention à la privatisation de la formation. »

Mutations

« L’artisan se démarque de la grande distribution, mais doit développer de nouveaux services, notamment digitaux, comme le Click’& collect. Pour apporter du service au client, mais aussi pour attirer des jeunes dans leurs métiers, ceux-ci veulent avoir du temps et une vie personnelle, le numérique peut aider à ces mutations. De même il y a un vrai sujet sur l’urbanisation : les artisans sont trop souvent oubliés lors de la conception de nouveaux quartiers, les projets de densification urbaine. Il faut penser aux équipements pour installer ces professionnels dans ces nouveaux lieux de vie. Un commerce essentiel ne peut pas être que dans une zone d’activités. »

L’artisan, gage de qualité

« Être artisan c’est un gage de qualité de service et de professionnalisme. La période Covid a révélé l’utilité de ces professionnels de centre-ville, les bouchers, les boulangers, la tendance générale est à la qualité, la traçabilité, et la proximité. L’artisan est un homme ou une femme assez seul, patron de lui-même. Il est important d’avoir un organisme comme la CMA à son écoute. »