Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

PORTRAIT. Laëtitia Sanquer, à bas bruit

Laëtitia Sanquer a créé la société Signescense avec pour objectif principal d’établir un pont solide entre le monde des sourds-malentendants et les entendants. Cette amoureuse de communication globale propose des interventions en entreprises pour accompagner les RH dans l’accueil de salarié sourd-malentendant, anime des temps de sensibilisation à la surdité et des ateliers de langue des signes et pilote aussi l’accessibilité sur les grands événements maritimes… Sourde elle-même, cette Finistérienne se refuse à tout repli communautaire. Ce serait un drame. L’inclusion n’est pour elle que la partie visible d’un monde qu’elle aimerait améliorer.

Laëtitia Sanquer a créé la société Signescense ©7Jours/Charles Menguy

Ce qui accroche chez Laëtitia Sanquer, c’est la douceur, l’attention, la bienveillance dont elle entoure son interlocuteur immédiatement. Laëtitia est curieuse du monde et de ceux qui le peuplent, sans exception. Elle prête, avec sincérité, une attention particulière aux récits des uns et des autres. Elle fixe son vis-à-vis pour mieux le cerner et parfois pour lire sur ses lèvres. Tout dépend de la fréquence de la voix. Les basses sont plus audibles que les aigus. Sa difficulté à entendre, ne l’empêche nullement d’écouter. Bien au contraire.

Comme près de sept millions de personnes en France. Laëtitia Sanquer coche la case « malentendante » dans le classement bien ordonné de la normalité. « Je suis différente comme tout le monde, aime-t-elle à répondre. La surdité m’a rendue néanmoins plus audacieuse, notamment dans mon envie d’entreprendre. Au fil des ans, j’ai fait de mon expérience personnelle une force, une expertise que je mets au service du collectif. » Aujourd’hui, elle fait de l’intermédiation culturelle et scientifique et permet à la communauté des sourds et malentendants d’avoir accès à des événements de toutes natures en langue des signes. Laëtitia se met au service d’une population qui souffre, à des degrés divers, d’un manque d’accessibilité dans un monde dominé par la parole.

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