Avant le sourire, il y a l’énergie. Dense, entière, comme une lumière qui précède la phrase. Elle dit « la gentillesse » comme on plaide une cause, jure qu’il faut « être tourné vers les autres » – et l’on sent, à l’écouter, que ce n’est pas un adage, mais une architecture. Qui aurait pourtant parié sur la petite fille de Vezin-le-Coquet, dans les années 1980 ? « Extrêmement timide », concède-t-elle. Mais le caractère, déjà, faisait le reste. « On disait que j’avais un fort tempérament. Ça, c’est resté. » De ses parents, elle hérite de deux mondes qui se regardaient en chiens de faïence, et qu’elle passera sa vie à réconcilier : son père, entrepreneur dans l’âme, reprend ses études à 36 ans pour fonder son cabinet de conseil aux PME et artisans ; sa mère, salariée de l’université Rennes 2, côtoie jour après jour la jeunesse étudiante. « Les deux combinés, c’est Entreprendre pour Apprendre, presque », glisse-t-elle.
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Le parcours rectiligne n’aura duré qu’un temps. Après un DEUG de sciences éco trop abstrait pour elle, qui a besoin de projets, de visages, elle rejoint Sup de Co Rennes, aujourd’hui RSB. Là, tout s’ouvre. « On nous mettait en permanence en situation. Je n’avais pas d’autre choix que d’aller v…